(Öri Infos) – Au Madagascar la fin du régime du Président Andro Rojeliana semble imminente. Les manifestations malgaches, qui réclament la démission du président Andry Rajoelina et des réformes institutionnelles, ont pris une nouvelle dimension samedi avec l’intervention du Capsat (Corps d’Administration et des Services Techniques des Armées).
Les soldats ont exhorté leurs camarades à «unir nos forces, militaires, gendarmes et policiers, et refuser d’être payés pour tirer sur nos amis, nos frères et nos sœurs».


Le colonel Mikaël Randrianirina, chef du Capsat, a déclaré à Réunion Première que son unité répondait « à la sollicitation et à l’appel du peuple » et a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’État.
Le général Jocelyn Rakotoson, chef d’état-major de l’armée de terre, a appelé toutes les forces vives à engager des discussions et à privilégier le dialogue.
Tensions entre l’armée et le pouvoir
« Fermez les portails et attendez nos instructions. N’obéissez plus aux ordres venant de vos supérieurs. Braquez vos armes [sur] ceux qui vous ordonnent de tirer sur vos frères d’armes car ce ne sont pas eux qui vont s’occuper de notre famille si jamais on meurt », ont-ils ajouté. Le nombre de soldats ayant répondu à cet appel n’était pas connu dans l’immédiat.

Le nouveau ministre des armées, lors d’une conférence de presse, samedi, a appelé les troupes au calme. « Nous appelons nos frères qui ne sont pas d’accord avec nous à privilégier le dialogue », a déclaré le général Deramasinjaka Manantsoa Rakotoarivelo. « L’armée malgache demeure un médiateur et constitue la dernière ligne de défense de la nation », a-t-il ajouté.
Réélu en 2018 puis en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina affronte aujourd’hui la contestation la plus sérieuse de ses mandats.

