(Öri Infos) – L’année 2025 aura été marquée par une vague de tensions sociales dans plusieurs pays africains. Ces mouvements, souvent déclenchés par des revendications populaires longtemps ignorées, révèlent une profonde demande de justice, de gouvernance transparente et de meilleures conditions de vie.
Dans plusieurs pays, les émeutes sont nées d’un désaccord politique. La jeunesse africaine, majoritaire et consciente de son pouvoir, a joué un rôle central dans ces soulèvements.

Les pays africains ayant connu d’importantes émeutes civiles en 2025
1- Mali

Des manifestations de masse ont éclaté à Bamako le 3 mai, marquant la première contestation publique d’envergure du pouvoir militaire du colonel Assimi Goïta depuis le coup d’État de 2020. Les manifestants exigeaient le rétablissement d’un régime civil, la réintégration des partis politiques dissous et la fin du pouvoir militaire illimité. Le soulèvement a été déclenché par un projet de conférence nationale qui aurait permis à Goïta de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2030.
2- Togo
Une nouvelle vague de manifestations de la génération Z a éclaté à Lomé le 26 juin suite à l’arrestation du rappeur Aamron et à l’adoption d’un amendement constitutionnel controversé. Plus d’une centaine de manifestants ont été arrêtés et les rassemblements publics ont été interdits jusqu’à la fin de l’année.
3- Cameroun
Des manifestations nationales ont éclaté le 26 octobre après la proclamation de la victoire du président Paul Biya, âgé de 92 ans, à l’élection présidentielle du 12 octobre, avec 53,66 % des voix. Le candidat de l’opposition, Issa Tchiroma, a dénoncé des fraudes massives. Selon des rapports de l’ONU, les forces de sécurité ont tué au moins quarante-huit civils à Douala, Yaoundé et Garoua.
4- Tanzanie

La Tanzanie a connu sa plus grave crise politique depuis des décennies à la suite des élections générales du 29 octobre. Le chef de l’opposition, Tundu Lissu, a été empêché de se présenter pour trahison, et des allégations de fraude électorale ont immédiatement émergé. Les manifestations à Dar es Salaam, Arusha, Mbeya et Zanzibar ont été réprimées avec une violence meurtrière, faisant des centaines de morts. Le gouvernement a imposé un black-out internet et arrêté plus de 2 000 personnes.
5- Guinée-Bissau
Le 26 novembre, la Guinée-Bissau a connu son neuvième coup d’État militaire depuis son indépendance, quelques heures seulement avant la publication des résultats officiels de l’élection présidentielle. Des soldats, sous les ordres du général de brigade Dinis Incanha, ont pris d’assaut le palais présidentiel, arrêté le président sortant Umaro Sissoco Embalo et annoncé la dissolution de toutes les institutions, invoquant des soupçons de manipulation électorale. La CEDEAO et l’Union africaine ont condamné cette prise de pouvoir et suspendu l’adhésion du pays.
6- Bénin
Le 7 décembre, des soldats commandés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri annoncèrent un coup d’État à la télévision d’État, proclamant la dissolution de toutes les institutions et la création d’un Comité militaire de refondation. Les forces loyalistes, appuyées par des frappes aériennes nigérianes, reprirent rapidement le contrôle du pays et arrêtèrent quatorze conspirateurs. Le président Patrice Talon qualifia l’incident de grave menace pour la démocratie dans un pays qui n’avait pas connu de coup d’État réussi depuis 1972.

