(Öri Infos) – L’ancien international togolais Koffi Robin Guéli a brisé le tabou. Dans une interview sur la radio Zephyr, il s’est confié sans détour sur les conditions de vie et de travail réelles des footballeurs évoluant en première division (D1).
Interrogé sur la possibilité de vivre de sa carrière de joueur professionnel au Togo, la réponse de Koffi Robin Guéli tombe comme un couperet : « NON ! ».
Alors que dans d’autres pays de la sous-région, à l’instar de la Côte d’Ivoire, les standards salariaux de la D1 sont publiquement affichés et plus attractifs, le championnat togolais navigue dans une tout autre réalité financière. Selon l’ancien joueur, un footballeur togolais considéré comme « à l’aise » dans l’élite touche à peine entre 150 000 et 200 000 FCFA par mois.
Pourtant, malgré ce montant qui peut paraître honorable pour certains, la vie d’un sportif de haut niveau reste un combat quotidien :
« Pour vivre vraiment de son métier, c’est trop peu. Quand je dis 150 000, je donne ça pour deux, trois, quatre clubs maximum sur les 16 que compte la D1. Personne ne me dira le contraire. »
Pour le reste des clubs du championnat, la situation est dramatique. Le fossé est immense entre le statut affiché de « professionnel » et les conditions réelles sur le terrain. Koffi Robin Guéli révèle ainsi que de nombreux joueurs de première division perçoivent encore des salaires avoisinant 50 000, 60 000 ou 70 000 FCFA par mois.
Avec des charges fixes incontournables se vêtir, se nourrir, subvenir aux besoins de la famille, entretenir les proches et les petits frères ces revenus fondent instantanément. Le tableau est assombri par une autre anomalie récurrente : des joueurs finissent le championnat et se retrouvent contraints de réclamer des mois de salaires impayés.
Face à ce climat d’informalité et de précarité, l’ancien international lance un appel direct et constructif à la jeune génération. Pour lui, la protection du joueur passe obligatoirement par la rigueur administrative et le respect du droit du travail, aussi minime soit l’accord :
« Quand vous voulez jouer pour un club, il faut un contrat. Même si c’est pour un franc, il faut mettre ça sur papier, c’est du noir sur blanc. Comme ça, s’il arrive qu’on ne vous honore pas ou qu’on ne vous donne pas votre dû, vous pouvez réclamer tranquillement. »



