(Öri Infos) – Parfois, la réalité dépasse la fiction de la manière la plus cruelle qui soit. Debbie Stevens, 47 ans, mène une vie ordinaire de secrétaire dans une concession automobile de Long Island, à New York. C’est là qu’elle apprend une terrible nouvelle : sa supérieure directe, Jackie Brucia, souffre d’une grave maladie pulmonaire et rénale. Elle a urgemment besoin d’une greffe de rein pour survivre, mais l’attente sur les listes officielles est interminable.
Touchée par la détresse de sa patronne, Debbie prend une décision qui va changer leurs deux vies. Animée par une empathie rare, elle propose de devenir donneuse. Elle passe les tests. Bien qu’elle ne soit pas une compatibilité parfaite pour Jackie, son geste permet d’enclencher une procédure de « don croisé » : le rein de Debbie est attribué à un patient à Saint-Louis, ce qui permet d’accélérer l’obtention d’un rein compatible pour sa patronne. Tout se déroule en 2011.

Affaire Debbie Stevens : La justice de New York reconnaît la discrimination

Grâce au sacrifice de Debbie, Jackie Brucia reçoit son nouveau rein. L’opération est un succès pour la manager. Mais pour la donneuse, c’est le début d’une longue descente aux enfers. Après l’intervention, Debbie Stevens souffre de douleurs chroniques, de complications intestinales et d’une immense fatigue. Contrainte de retourner au travail pour subvenir à ses besoins, elle demande un aménagement léger de ses horaires.
C’est alors que l’impensable se produit. Au lieu de la gratitude attendue, Debbie se heurte au mépris. Jackie Brucia, la femme dont elle vient littéralement de sauver la vie, change radicalement de comportement. Elle commence à lui reprocher ses absences médicales et ses baisses de rythme.
Debbie Stevens décide de ne pas se laisser faire et porte l’affaire devant la Commission des droits de l’homme de l’État de New York. Après enquête, l’État de New York tranche et juge qu’il existe une « cause probable » de discrimination flagrante à l’encontre de la salariée. En 2014, l’affaire trouve enfin sa conclusion : un accord financier à l’amiable et confidentiel est signé entre les deux parties.

