(Öri Infos) – La lutte contre le racket et la corruption au sein des forces de défense et de sécurité ivoiriennes franchit un nouveau palier de fermeté. Le Tribunal Militaire d’Abidjan (TMA) a frappé un grand coup lors de son audience du 04 juin 2026, en envoyant un sous-officier supérieur directement derrière les barreaux pour une affaire de corruption routière.
Reconnu coupable d’extorsion de fonds et de violation de consigne sur le fondement des articles 474, 484 et 559 du Code pénal, l’adjudant K.K.D. a écopé d’une peine exemplaire : cinq ans d’emprisonnement ferme, une amende de 500 000 francs CFA, et l’affichage obligatoire de sa condamnation dans toutes les casernes militaires de Côte d’Ivoire. Un mandat de dépôt a immédiatement été décerné à son encontre à la fin de l’audience, le conduisant directement en cellule.

Un faux poste de contrôle piégé par des vidéos de surveillance

Les faits incriminés remontent au 16 janvier 2026. Ce jour-là, l’adjudant K.K.D. décide d’ériger un poste de contrôle de sa propre initiative, sans aucune autorisation de sa hiérarchie et sans même détenir les carnets de contraventions réglementaires indispensables.
Au cours de son opération clandestine, il interpelle deux motocyclistes qui roulaient sans casque. Ce qu’il ignorait, c’est que des agents de l’ombre, spécifiquement commis à la traque et à la constatation des pratiques de racket, surveillaient la zone. Grâce à des enregistrements vidéo discrets, les enquêteurs ont pu filmer la scène de bout en bout et prouver qu’un billet de 5 000 francs CFA avait été glissé dans la poche du militaire en échange de la libération de l’engin.
Le tribunal a qualifié l’acte de marchandage sous contrainte, prononçant une sentence lourde qui résonne comme un avertissement solennel pour l’ensemble des troupes.

