(Öri Infos) – Le Togo porte ce vendredi 4 septembre à New York une résolution visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle des superficies du monde. Baptisée « Correct the Map », cette initiative africaine bénéficie du soutien de la France, qui annonce également l’abandon de la projection de Mercator dans ses usages diplomatiques.
Le Togo porte une initiative africaine à l’ONU
Mandaté par l’Union africaine, le Togo défend à l’Assemblée générale des Nations unies une résolution consacrée à la représentation cartographique du monde. L’objectif est d’encourager l’utilisation de cartes qui reflètent davantage les superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.
Au cœur du débat se trouve la projection de Mercator, utilisée depuis le XVIe siècle et initialement conçue pour faciliter la navigation maritime.
Pourquoi Mercator fait-elle débat ?
Le problème ne tient pas à une erreur de calcul. Une carte étant une représentation plane d’une Terre sphérique, toute projection entraîne nécessairement certaines déformations.
Avec Mercator, celles-ci deviennent particulièrement importantes à mesure que l’on s’éloigne de l’Équateur. Les territoires proches des pôles apparaissent ainsi beaucoup plus grands qu’ils ne le sont réellement.
L’Afrique se retrouve notamment visuellement réduite par rapport à des territoires comme le Groenland, alors que sa superficie réelle est environ 14 fois supérieure à celle de ce dernier.
Pour les promoteurs de « Correct the Map », cette représentation répétée peut donc contribuer à façonner une perception disproportionnée de la taille des différentes régions du monde.
Pourquoi la France soutient-elle le Togo ?
La position française est avant tout celle d’une volonté de corriger les déformations cartographiques lorsqu’elles ne sont pas nécessaires.
Paris ne considère pas pour autant que la projection de Mercator doit disparaître de tous les usages. Elle conserve notamment son intérêt pour certaines applications techniques, comme la navigation.
En revanche, pour les représentations diplomatiques et institutionnelles du monde, la France estime désormais préférable de privilégier des projections qui rendent mieux compte des superficies réelles. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a officiellement annoncé le 4 septembre l’abandon de Mercator dans ses usages diplomatiques.
La France rejoint ainsi une démarche portée par l’Afrique et défendue par le Togo à l’ONU.
Un soutien français, mais une initiative d’abord togolaise
Pour Lomé, l’enjeu dépasse donc la seule question technique des cartes.
Le Togo est à l’origine de la démarche diplomatique menée au sein de l’ONU, avec le soutien de l’Union africaine. La résolution cherche notamment à encourager des représentations plus équilibrées dans les documents officiels, les supports éducatifs et d’autres usages institutionnels.
Le soutien de la France donne ainsi une portée supplémentaire à cette initiative togolaise, alors que Paris affirme vouloir contribuer à une représentation géographique plus équilibrée du monde.
Une résolution symbolique, mais pas une interdiction de Mercator
« Correct the Map » ne vise pas à interdire la projection de Mercator. Il s’agit plutôt d’encourager les États et les institutions à choisir, selon leurs besoins, des projections plus adaptées lorsqu’il est nécessaire de représenter fidèlement les superficies.
Pour le Togo et l’Afrique, le message est surtout symbolique : la manière de représenter le continent compte aussi dans la manière dont il est perçu.
La résolution adoptée à une large majorité
L’Assemblée générale de l’ONU a finalement adopté, vendredi 4 septembre à New York, la résolution « Correct the Map », portée par le Togo au nom de l’Union africaine. Le texte a recueilli 164 voix pour, une contre, celle des États-Unis, et six abstentions. Il encourage l’adoption de représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.



