(Öri Infos) – Le verdict est tombé ce lundi 19 octobre dans le procès Paul Mackenzie. Le pasteur autoproclamé et ses 29 complices ont été jugés coupables du meurtre de 191 fidèles, majoritairement des enfants. Selon l’accusation, le prédicateur encourageait ses adeptes à jeûner jusqu’à la mort afin de « rencontrer Jésus » avant une prétendue fin du monde imminente. Cette affaire, qualifiée de l’une des pires tragédies sectaires de l’histoire récente du Kenya, remonte à avril 2023.
C’est l’aboutissement judiciaire d’un drame effroyable qui a secoué le Kenya et la communauté internationale. À l’issue d’une lecture de jugement de huit heures, la juge Diana Mochache a reconnu la culpabilité du chef religieux et de 29 autres responsables de son organisation, balayant leurs arguments selon lesquels les victimes auraient agi de leur plein gré.
Un jeûne mortel pour « rencontrer Jésus »
Fondée en 2003 sous le nom de Good News International Ministries, l’organisation avait étendu son emprise à travers le Kenya grâce à des prêches diffusés sur sa propre chaîne de télévision. Paul Mackenzie y dispensait une doctrine radicale rejetant l’éducation formelle, la médecine moderne et les technologies, dépeintes comme contraires aux enseignements divins.
Considéré par ses adeptes comme le « porte-parole de Jésus », le gourou exigeait un jeûne extrême comme condition d’accès au salut. Lors des audiences, des témoignages poignants ont révélé la violence du système : quiconque tentait de résister à l’ordre de s’affamer était contraint « d’aller au paradis à coups de pied et de coups de poing ». Les inhumations clandestines menées au cœur de la forêt étaient cyniquement qualifiées de « mariages », les défunts étant célébrés comme ayant « épousé Jésus ».
L’enfer de la forêt de Shakahola
Découverte en avril 2023 près de la côte kényane, la tragédie de Shakahola a mis au jour des scènes de désolation. Les opérations d’exhumation menées par les autorités ont permis de découvrir plus de 400 corps enterrés dans des fosses peu profondes dissimulées dans le sanctuaire de la secte.
Les enquêteurs et les fossoyeurs ont témoigné de conditions d’une cruauté inouïe : des enfants retrouvés ligotés, des nourrissons systématiquement privés de soins et d’alimentation, et jusqu’à douze corps d’enfants entassés dans une seule tombe. L’emprise psychologique exercée était telle qu’une mère a été sommée de suivre ses enfants dans la mort juste après le décès de son nouveau-né.



