(Öri Infos) – À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC), le maire Faustin Lumuluabu se retrouve au cœur d’une tempête politique et judiciaire après un geste symbolique fort qui a provoqué une vague d’indignation nationale.
Les faits se sont déroulés le lundi 29 juin lors d’une matinée administrative. Devant un public de témoins et d’officiels, Faustin Lumuluabu a publiquement déchiré un exemplaire de la Constitution de 2006. Loin de s’en cacher, l’autorité urbaine a pleinement assumé son acte, affirmant vouloir « traduire la parole en acte » pour marquer son soutien à une révision de la loi fondamentale actuelle, qu’il rejette ouvertement.


Ce geste n’a pas tardé à provoquer une vague d’indignation au sein de la classe politique locale. Pour de nombreux observateurs, cet acte symbolique est une remise en cause des fondements de l’État de droit. Réunis en séance plénière peu après les faits, les députés provinciaux du Kasaï ont fermement condamné l’attitude du maire. Le député Gérard Ngetshi a notamment déposé une motion d’information pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive grave.
La motion d’information a ensuite été transformée en interpellation, avant d’être adoptée par les élus provinciaux. À l’issue des débats, les députés ont recommandé au gouverneur du Kasaï de suspendre immédiatement le maire de Tshikapa.


Quelques heures après cette recommandation, le gouvernement central a pris des mesures. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a annoncé la suspension préventive de Faustin Lumuluabu. Le ministre a également ordonné l’ouverture d’une procédure disciplinaire pour faute grave, estimant que l’acte posé par l’autorité urbaine constitue une violation des principes républicains.

