(Öri Infos) – La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) a réagi, ce mercredi 9 octobre 2025, à la publication de la composition du nouveau gouvernement togolais, marquant selon les autorités l’entrée en vigueur de la 5ᵉ République. Dans un communiqué officiel, la coalition d’opposition rejette la légitimité de cette nouvelle étape politique et parle d’un « gouvernement de fait » né d’un processus illégal et imposé au peuple togolais.
Fidèle à sa position de non-reconnaissance du régime actuel, la DMP affirme que la 5ᵉ République est « illégale et illégitime », estimant qu’elle a été instaurée en dehors de tout cadre démocratique. Le mouvement soutient que le nouveau gouvernement ne découle d’aucun mandat populaire et qu’il ne reflète pas la volonté souveraine du peuple togolais.

Une concentration du pouvoir dénoncée

La DMP exprime son inquiétude face à la centralisation du pouvoir exécutif entre les mains du président Faure Essozimna Gnassingbé, qui conserve quatre portefeuilles clés : la Défense, la Fonction publique, le Travail et le Dialogue social, ainsi que les Transports et Infrastructures. Pour la coalition, ce cumul traduit une volonté de renforcer le contrôle politique du pays en concentrant les secteurs stratégiques de la sécurité, de la mobilité et de l’administration publique.
Le communiqué relève également que le nouvel exécutif, fort de 31 membres dont 17 ministres de plein exercice, 10 ministres délégués et 4 portefeuilles directement rattachés au président apparaît, selon la DMP, disproportionné au regard des ressources du pays. La coalition y voit une stratégie d’équilibre politique et régional, mais aussi une dilution des responsabilités et un alourdissement budgétaire dans un contexte de tension économique et sociale.
Les reconductions et les nouveaux visages critiqués
La DMP souligne que plusieurs figures clés du régime sont reconduites à leurs postes, notamment Gilbert Bawara, Robert Dussey, Cina Lawson, Antoine Gbégbéni, Komla Dodzi Kokoroko, Hodabalo Awaté, Mazamesso Assih, Calixte Madjoulba et Koamy Gomado.
Le mouvement estime que cette continuité illustre l’absence de renouveau et la volonté de conserver le contrôle politique sur les institutions.

Concernant les nouveaux entrants tels que Kossi Ténou, Yackoley Kokou Johnson ou Manuella Santos, la DMP parle de « maquillage politique » visant à donner une illusion de rajeunissement. Le retour de Séna Alipui, ancien représentant du Togo à la CEDEAO, est perçu comme une manœuvre pour neutraliser les voix dissidentes.
Pour la DMP, ce gouvernement n’a aucune légitimité politique, morale ou républicaine. Le mouvement réaffirme que le peuple togolais reste le seul détenteur de la souveraineté nationale et appelle les citoyens, les jeunes, les femmes et la diaspora à ne pas se laisser tromper par les illusions de changement.

