(Öri Infos) – Ce mardi 22 septembre 2026, le siège de la Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) a fait le plein. Pour la toute première fois, les blogueurs, influenceurs, TikTokeurs, YouTubers et créateurs de contenus se sont retrouvés face aux figures de la régulation.
Cette concertation inédite s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités de premier plan, notamment Pitalounani Telou (président de la HARC), N’do Pabozi (Directrice des Affaires juridiques et du Contentieux), Antoine Affanou (conseiller du ministre de la Communication), d’un représentant de l’ANCY, ainsi que de Hervé Talla Awui (conseiller du directeur de l’IPDCP).
Convoquée par la HARC, cette rencontre marque un tournant décisif dans la gestion et l’encadrement des espaces virtuels au Togo. Depuis l’avènement de la Constitution de mai 2024, les prérogatives de l’ancienne HAAC ont mué pour donner naissance à la HARC, dont le champ d’action englobe désormais les plateformes numériques et les réseaux sociaux.
Ouvrant les discussions, le président de l’institution, Pitalounani Telou, a planté le décor en soulignant l’impact colossal de ces nouveaux canaux :
« Nous vivons à une époque où les réseaux sociaux occupent une place supérieure dans notre quotidien. Ils sont devenus de véritables espaces d’expression libre, de débats publics, d’information et de mobilisation citoyenne. »
Mais le régulateur ne cache pas l’autre facette de la médaille. Entre la prolifération des infox (fausses informations), la manipulation des consciences, les atteintes à la vie privée et les discours haineux, le web togolais navigue parfois en eaux troubles. Une dérive contre laquelle le président de la HARC a mis en garde les web-activistes.
L’un des temps forts de cette concertation a sans doute été l’intervention remarquée de N’do Pabozi, Directrice des Affaires juridiques et du Contentieux de la structure. S’adressant directement à l’assemblée, elle a tenu à clarifier les rôles avec pragmatisme :
« Vous n’êtes pas des journalistes. Vous ne sortez pas d’une école de formation en journalisme. Mais vous faites partie des acteurs de la communication et de la communication de masse. »
Une mise au point qui ne dévalorise en rien leur impact, bien au contraire. À travers leurs vidéos, directs et publications, ces créateurs informent et éveillent les consciences, exerçant de fait un pouvoir d’influence redoutable qui appelle à une éthique rigoureuse.



