(Öri Infos) – Malgré les annonces officielles en faveur d’un climat politique plus apaisé, plusieurs prisonniers politiques continueraient de demeurer en détention, selon des organisations togolaises de défense des droits humains.
Le Front Touche pas à ma Constitution et l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) indiquent que 75 détenus considérés comme prisonniers politiques ont été libérés dans le cadre des récentes mesures de grâce accordées par les autorités. Cette information a été rendue publique par Kao Atcholi, deuxième porte-parole du Front et président de l’ASVITTO.


Toutefois, les deux organisations affirment que 68 autres personnes restent incarcérées, alors qu’elles rempliraient, selon elles, les mêmes critères juridiques que ceux ayant bénéficié de la grâce présidentielle. Elles estiment notamment que ces détenus devraient être considérés comme des détenus d’opinion, au regard des standards du droit international en matière de libertés fondamentales.
Dans une déclaration publique, Kao Atcholi appelle le président du Conseil, Faure Gnassingbé, à autoriser la libération des prisonniers encore détenus. Il précise qu’un travail approfondi d’identification, d’analyse juridique et de documentation des dossiers concernés a été mené par les organisations impliquées.
Selon ces dernières, une telle décision constituerait un signal fort en faveur de la décrispation politique et ouvrirait la voie à un dialogue politique inclusif et durable.

Parmi les personnalités toujours en détention figurent Jean-Paul Oumolou, Marguerite Gnakadé, ancienne ministre de la Défense, ainsi que Kpatcha Gnassingbé. Ce dernier, demi-frère du président du Conseil et ancien ministre de la Défense, est incarcéré depuis 2009 et purge une peine de vingt ans de prison pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État.

