C’est une victoire qui sonne comme une revanche. La Mexicaine Fatima Bosch, 25 ans, a été sacrée Miss Univers 2025 vendredi soir à Bangkok, au terme d’une saison marquée par des tensions inédites, des démissions et des accusations de favoritisme.

Une polémique mondiale avant la couronne
Quelques jours avant la finale, Fatima Bosch avait quitté une cérémonie officielle, humiliée publiquement par Nawat Itsaragrasil, organisateur thaïlandais du concours. Ce dernier l’avait menacée de disqualification pour un simple manquement à la publication de contenus promotionnels. L’incident avait provoqué une vague de solidarité entre candidates et un tollé sur les réseaux sociaux.
L’affaire a entraîné la démission de deux juges, dont le musicien franco-libanais Omar Harfouch, qui a dénoncé des irrégularités dans la sélection des finalistes. Le comité Miss Univers a rapidement réagi, condamnant le comportement de l’organisateur et dépêchant une équipe internationale pour reprendre le contrôle de l’événement.
Une transition difficile pour Miss Univers
Cette 74e édition intervient alors que le concours traverse une crise de gouvernance. L’ex-PDG, la Thaïlandaise Anne Jakrajutatip, avait quitté son poste peu avant le début des activités, laissant la direction au diplomate guatémaltèque Mario Bucaro. Sous sa direction, le concours tente de poursuivre la modernisation engagée : ouverture aux femmes mariées, aux mères et aux participantes transgenres, sans limite d’âge.
Mais la cohabitation entre les équipes thaïlandaises et mexicaines a révélé des tensions culturelles : d’un côté, une vision numérique et commerciale du concours, proche de l’univers des influenceuses ; de l’autre, une conception plus classique et télévisuelle du prestige de Miss Univers.
Une victoire symbolique
Malgré les tempêtes, Fatima Bosch s’impose face à la Thaïlandaise Praveenar Singh (1re dauphine), suivie du Venezuela, des Philippines et de la Côte d’Ivoire. Sa victoire réaffirme la place du Mexique sur la scène internationale, tout en redonnant à Miss Univers un parfum de résilience et d’empowerment.
Comme le rappelle Paula Shugart, ancienne présidente de l’organisation :
« Miss Univers n’a de valeur que si elle élève et soutient les femmes qui y participent. »
