Les fake news, ces fausses informations qui inondent nos réseaux sociaux, ne sont pas un phénomène nouveau. Mais en Afrique de l’Ouest, et particulièrement dans le Sahel, le combat contre ces mensonges devient encore plus ardu avec l’arrivée d’outils d’intelligence artificielle (IA). C’est un peu comme si on jouait à cache-cache avec un tricheur qui a des super-pouvoirs… Impossible de le rattraper sans des outils et une stratégie solides ! Heureusement, une plateforme nommée Fact Africa est entrée dans l’arène pour s’attaquer à ce problème.
À Dakar, ses membres, des journalistes et blogueurs venus de toute la sous-région organisent une conférence pour proposer des outils de vérification de l’information. Le collectif Fact Africa souhaite donc faire de l’éducation aux médias pour sensibiliser le public à ces réflexes de vérification.
Des fake news qui jouent sur nos émotions
« 80-90 % des fausses informations sont basées sur la question sécuritaire », explique Malick Konaté, journaliste et leader de Fact Africa. Rien d’étonnant à cela, car les questions de sécurité touchent directement nos peurs et nos convictions. En général, les fake news les plus virales jouent sur ces cordes sensibles. Une simple vidéo générée par IA suffit à semer la panique : « L’armée a attaqué un village » ou encore « Un groupe terroriste a frappé un autre camp ».
Plus récemment, une vidéo prétendait que l’artiste Aya Nakamura avait chanté pour Assimi Goïta et Ibrahim Traoré. Fake news 100 % fabriquée ! La voix ? Générée par l’IA. Les paroles ? Écrites par quelqu’un d’autre. Incroyable, non ?
Manque d’outils de vérification
Face à ces contenus souvent hyper convaincants, les fact-checkeurs doivent redoubler d’efforts. Malheureusement, ils n’ont pas toujours les outils nécessaires pour authentifier rapidement des contenus comme des pastilles audios ou des vidéos. Et parfois, c’est encore pire : certaines images sont authentiques mais sorties de leur contexte original.
C’est ce qui s’est passé récemment en Côte d’Ivoire, selon Rita Pascale, juriste et présidente de l’association des blogueurs ivoiriens. Un activiste politique avait publié des photos pour dénoncer des traitements inhumains dans les prisons. Sauf que ces images ne venaient pas du tout de l’établissement qu’il dénonçait. Vous voyez le problème ?
5 conseils pour lutter contre les fake news
Vous vous demandez comment, vous aussi, vous pouvez devenir un détective des fake news ? Voici 5 conseils simples et efficaces pour démêler le vrai du faux :
- Vérifiez la source avant de partager une information, demandez-vous : d’où vient-elle ? Si c’est d’un site ou d’une page peu connue, faites preuve de méfiance.
- Utilisez des outils de vérification Google Images ou TinEye sont parfaits pour retracer l’origine d’une photo. Pour les vidéos, essayez InVID, un outil spécialement conçu pour cela.
- Méfiez-vous des titres choc Si un titre vous semble trop « sensationnel », il l’est probablement. Cliquez toujours pour lire l’article complet avant de partager.
- Croisez les informations Une info fiable sera reprise par plusieurs sources crédibles. Si vous ne trouvez rien ailleurs, posez-vous des questions.
- Faites preuve de patience La rapidité est l’allié des fake news. Prenez le temps de vérifier avant de vous précipiter pour partager.
Éduquer pour mieux lutter
Fact Africa propose une solution durable : l’éducation aux médias. Leur mission ? Sensibiliser le public à ces réflexes de vérification. Et c’est tout à fait faisable, avec un peu de pratique. Pourquoi ne pas commencer par apprendre à utiliser les outils simples mentionnés plus haut ?
Lutter contre les fake news, ce n’est pas seulement un combat pour les journalistes ou les blogueurs. C’est l’affaire de tous. En étant plus vigilant, chacun peut contribuer à une information plus saine et fiable. Alors, prêts à jouer le rôle de super-héros de l’info ?
