(Ori Infos) – Chaque année, ils sont des milliers sourire aux lèvres, diplôme en main. Mais derrière les félicitations et les likes sur les réseaux sociaux, une question revient avec insistance : le baccalauréat au Togo a-t-il encore une vraie valeur ? Sert-il à quelque chose ?
D’un point de vue statistique, les résultats sont plutôt bons. Depuis 2017, le Togo n’a jamais affiché un taux de réussite en dessous de 55 %. Pour ceux qui aiment les classements, c’est encourageant. Et sur les 30 dernières années, seule l’année 1993 a sombré sous la barre des 20 %.
Mais attention, les chiffres ne racontent pas toute l’histoire. On peut réussir un examen et quand même échouer dans la vie professionnelle. C’est triste à dire, mais c’est la réalité de nombreux bacheliers togolais aujourd’hui.
Le BAC : Un diplôme prestigieux devenu « décoratif » ?
Autrefois, avoir le bac, c’était le Graal. C’était la promesse d’un avenir meilleur, d’un emploi. Aujourd’hui de plus en plus de bacheliers se retrouvent désorientés, perdus dans une jungle universitaire mal balisée. Par ailleurs, les filières, les séries, les épreuves évoluent constamment.
Alors, le bac, ça sert encore à quelque chose ?
Le problème ne vient pas du bac lui-même, mais de la manière dont on le considère. Il ne devrait pas être la fin du chemin, mais plutôt le début d’un parcours réfléchi, orienté, adapté aux réalités du pays. Le bac devrait surtout servir à mieux orienter les jeunes vers des filières professionnelles utiles, encourager l’apprentissage de compétences pratiques, promouvoir l’entrepreneuriat, l’innovation et pourquoi pas, le travail manuel (oui, on a besoin de plombiers et d’électriciens aussi !). Parce qu’il faut le dire : tout le monde ne va pas devenir médecin, ingénieur ou juriste. Et ce n’est pas grave.
Le bac reste une étape importante, un signal de maturité, un tremplin. Mais il ne garantit plus le succès. Il faut l’accompagner d’une vision, de projets, d’études universitaires ou de formations pratiques. Sinon, il risque de devenir ce qu’il est déjà pour certains : un beau ornement de chambre.
Et surtout le bac est généralement la condition sine qua non pour s’inscrire dans les filières universitaires, les classes préparatoires, les BTS, les écoles spécialisées.
