Le Bureau du Procureur spécial (OSP) du Ghana a officiellement déclaré Ken Ofori-Atta, ancien ministre des Finances, comme fugitif recherché dans le cadre d’une enquête pour corruption et mauvaise gestion financière. Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 12 février 2025, le procureur spécial Kissi Agyebeng a précisé que M. Ofori-Atta est soupçonné d’avoir causé d’importantes pertes financières à l’État en facilitant plusieurs transactions suspectes. Parmi ces affaires, l’utilisation présumée abusive de fonds publics pour le projet de la cathédrale nationale a particulièrement attiré l’attention. Initialement prévu pour être financé par des fonds privés, ce projet a finalement englouti environ 58 millions de dollars de ressources publiques, suscitant de vives critiques au sein de l’opinion publique.
En plus de cette affaire, Ken Ofori-Atta est également impliqué dans un contrat controversé entre l’Autorité des Recettes du Ghana (GRA) et l’entreprise Strategic Mobilisation Ghana Ltd (SML). En 2019, sous la supervision du ministre des Finances, la GRA aurait versé plus de 83 millions de dollars à SML sans obtenir les autorisations légales requises, notamment l’approbation de l’Autorité des Marchés Publics. Ce contrat, dont les termes sont jugés défavorables à l’État, fait désormais l’objet d’une enquête approfondie de la part du Bureau du Procureur spécial. Ce dernier considère que l’absence répétée de M. Ofori-Atta aux convocations est une tentative manifeste d’échapper à la justice, d’où la décision de le déclarer fugitif et de lui ordonner de se présenter volontairement sous peine de sanctions.
Par ailleurs, le Bureau du Procureur spécial a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait organisé un raid sur la résidence privée de l’ancien ministre le 11 février 2025. Selon Sammy Darko, directeur de la stratégie et de la communication de l’OSP, cette opération aurait soit été mise en scène, soit menée par des imposteurs dans le but de discréditer les actions du Bureau et de semer la confusion autour de l’enquête en cours. Il a insisté sur le fait que si un organisme officiel d’application de la loi exige la comparution d’un individu, celui-ci est tenu de se présenter, sauf s’il peut justifier une incapacité physique ou médicale avérée.
Enfin, l’ancien ministre des Finances aurait quitté le Ghana début janvier 2025, invoquant des raisons médicales. Ses avocats ont informé l’OSP qu’il resterait hors du pays pour une durée indéterminée, mais cette justification est perçue avec scepticisme par le procureur spécial, qui exige sa présence physique pour répondre aux accusations. Le gouvernement, représenté par la majorité parlementaire, a reconnu que l’intervention militaire et policière à son domicile était une erreur et a présenté des excuses officielles. Toutefois, les autorités ghanéennes réaffirment leur engagement à lutter contre la corruption et à garantir la transparence dans la gestion des fonds publics, soulignant que personne n’est au-dessus des lois.
