Une pyramide des âges inquiétante
Le coton, longtemps considéré comme l’or blanc du Togo, fait aujourd’hui face à un véritable défi générationnel. À l’occasion de la restitution des résultats de la campagne 2024-2025, la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC) a tiré la sonnette d’alarme : la majorité des producteurs ont plus de 75 ans.
Pour Koussouwè Kourouféi, président du conseil d’administration de la FNGPC, cette situation est critique : « Les producteurs sont vieillissants, alors que les jeunes tournent le dos à ce secteur. » Ce déséquilibre démographique, combiné aux effets du changement climatique et à la pression parasitaire, met en péril la pérennité de la filière.
Moins de producteurs, une production en recul
En quatre ans, la filière a perdu plus de 30 % de ses producteurs, passant de 111 000 en 2020-2021 à 76 000 en 2024-2025, malgré les incitations.
La campagne 2023-2024 avait pourtant marqué un rebond encourageant avec 67 679 tonnes de coton produit, mais cette dynamique s’est essoufflée. La campagne suivante affiche 60 508 tonnes récoltées sur 75 792 hectares emblavés, soit un rendement moyen de 797 kg/ha, en légère hausse.
Des ambitions renouvelées pour 2025
Face à cette tendance, la Fédération mise sur une reprise anticipée et des objectifs ambitieux :
- 110 000 hectares visés pour une production cible de 92 500 tonnes
- Déjà 118 000 hectares emblavés, un signal encourageant
- Formation de 120 000 producteurs
- Promotion de la mécanisation, de l’irrigation et de l’agriculture régénérative
Un appel à l’État et aux partenaires
Pour concrétiser ces ambitions, la FNGPC plaide pour :
- Un soutien renforcé de l’État
- Des partenariats public-privé en cours de négociation
- Une meilleure valorisation du coton pour séduire les jeunes, notamment via la transformation locale et l’intégration dans la chaîne de valeur textile
