Le pasteur Emmanuel Feha, pasteur de l’église Impact Centre Chrétien (ICC), est actuellement au centre d’une vive controverse sur les réseaux sociaux togolais, suite à la diffusion d’un extrait vidéo dans lequel il réagit aux mobilisations populaires des 6 juin 2025.
Dans cette vidéo, devenue virale malgré les restrictions d’accès à Internet, le pasteur déplore les pertes en vies humaines, affirmant — je cite — « ce sont des destinées qui sont brisées comme ça ». Il critique également l’attitude de certains meneurs du mouvement, qu’il accuse d’être physiquement absents du territoire togolais. « Ceux qui sont à l’extérieur, qu’ils descendent », lance-t-il.
Mais c’est surtout son appel direct aux fidèles d’ICC qui a provoqué la polémique. Le pasteur intime à ceux qui avaient affiché leur soutien au mouvement — notamment via les célèbres photos de profil à fond rouge — de retirer ces symboles, et de revenir à la prière comme seule voie de changement. « On ne change pas les choses comme ça, on les change par la prière », affirme-t-il, avant de conclure que « le seul qui a action sur le cœur de l’homme, ce n’est pas un homme, c’est Dieu ».
Ces propos ont suscité une vague de réactions critiques sur les réseaux sociaux togolais, malgré les fortes perturbations de connexion. De nombreux internautes ont dénoncé une posture déconnectée de la réalité et inefficace face à des enjeux politiques urgents. Un slogan, devenu viral en réponse, résume ce rejet :
« Si la prière pouvait changer la gouvernance, le Togo aurait changé depuis longtemps. »
On reproche au pasteur de renvoyer la population à la passivité, voire de dissuader l’engagement citoyen, en infantilisant ses fidèles et en liant les convictions religieuses à des injonctions politiques. Pour certains, cela s’apparente à une tentative d’endoctrinement, surtout dans un moment où la société civile tente d’élever la voix.
À noter que plusieurs fidèles de l’église ont pris la défense de leur leader spirituel dans les commentaires, ce qui n’a fait que renforcer les critiques autour du rôle de certaines églises dans la neutralisation de la conscience politique au sein de la jeunesse.
La vidéo continue de circuler dans les groupes WhatsApp et Telegram, contribuant à nourrir un débat plus large sur la place des leaders religieux dans l’espace public togolais, et sur les limites entre foi, influence, et responsabilité citoyenne.
