(Öri Infos) – Le monde culturel togolais traverse une zone de turbulences sans précédent. Après cinq années de tentatives de restructuration du secteur, les acteurs culturels dénoncent un « éternel recommencement » des réformes et tirent la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils jugent critique. Une situation soulevée lors d’un point de presse ce 24 février 2026 à l’espace culturel MIVA.
À chaque changement de ministère, les discussions sont relancées, les diagnostics repris, les promesses renouvelées. Mais sur le terrain, les résultats tardent à se concrétiser.

« On nous montre un nouveau visage, on nous parle d’un nouveau départ, mais au final, tout recommence à zéro », déplore un responsable d’organisation musicale.

Aujourd’hui, les professionnels de la culture dressent un constat sombre. Les mécanismes de financement et de soutien aux artistes sont quasiment inexistants. Les dispositifs de protection sociale restent embryonnaires, laissant nombre d’acteurs sans couverture en cas de maladie ou de difficulté majeure.
Des revendications claires et un appel à la nomination d’un directeur au Fonds national de promotion culturelle
« Le secteur est à terre », face à cette situation, l’organisation sectorielle de la musique au Togo a décidé de porter publiquement le débat. Elle appelle les plus hautes autorités à prendre des mesures urgentes pour éviter un effondrement durable du secteur.
Parmi les principales revendications figure l’organisation rapide d’une concertation inclusive avec les organisations culturelles. Les acteurs estiment qu’aucune réforme ne peut réussir sans une prise en compte réelle des besoins du terrain.
Ils demandent également la nomination d’un directeur au Fonds national de promotion culturelle, un poste vacant depuis plus de trois ans. Selon eux, la mise en fonctionnement effective de ce fonds permettrait d’« oxygéner un secteur qui agonise ».

Autre point central : la révision des textes encadrant le secteur. La loi de 1991, jugée obsolète, devrait être actualisée pour correspondre aux réalités contemporaines de la création artistique. Les artistes réclament aussi l’application effective de la loi sur la rémunération pour copie privée, afin de garantir une juste compensation de leurs droits.

