(Öri Infos) – Un mois après les manifestations pacifiques brutalement réprimées à Lomé en juin 2025, la riposte s’organise, mais cette fois dans les tribunaux. Seize avocats venus de treize pays africains s’unissent pour briser le silence et réclamer justice. Face aux arrestations arbitraires, tortures et disparitions forcées qui ont endeuillé plusieurs quartiers de la capitale togolaise, le collectif veut faire éclater la vérité et mettre fin à l’impunité.
« Trop, c’est trop. Ce qui s’est passé à Lomé ne peut rester sans suite », affirment-ils.
Selon un rapport accablant du Groupe d’Intervention Juridique (GIJ), les violences ont été orchestrées par plusieurs unités spéciales togolaises notamment la Brigade Antigang, l’USIG, la BAC, le GIPN, avec l’appui de l’armée. Les interventions ont ciblé des bastions de l’opposition comme Bè, Adakpamé, Akodessewa, Atikpodji et Bè-Kpota.
Le GIJ décrit une répression illégale et d’une brutalité extrême, qualifiée de disproportionnée contre des citoyens qui exerçaient pourtant leur droit constitutionnel à manifester. Le rapport fait état de 21 cas avérés de torture. Les victimes décrivent des actes inhumains.
Certains ont même été contraints, sous la menace, de renoncer à leurs droits fondamentaux.
105 arrestations jugées arbitraires
Le GIJ recense également 105 arrestations femmes, mineurs, journalistes et professionnels de santé inclus. Dans de nombreux cas, des agents cagoulés sont intervenus de nuit, sans présenter de mandat, effrayant les familles et brisant les portes.
Plusieurs corps ont été retrouvés dans des lacs, tandis que des familles cherchent encore leurs proches disparus. Les avocats demandent l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et la poursuite des responsables de ces violences, quel que soit leur rang.
« Nous devons faire de ce combat une référence pour toute l’Afrique. L’État de droit ne peut exister sans justice », ont conclu les membres du collectif.
