(Öri Infos) – Le constat est glaçant. Au Togo, l’école continue de perdre ses filles face au fléau des grossesses précoces. Lors d’un récent bilan présenté à Kpalimé par Bénédicte Gnasa, directrice générale du genre et de la promotion de la femme, les chiffres officiels pour l’année scolaire 2024-2025 ont de quoi donner le vertige : 2 284 cas enregistrés sur l’ensemble du territoire.
Dans le détail, la tragédie se décline ainsi : 948 cas au secondaire 2 (lycée), 1 319 cas au secondaire 1 (collège) et 17 cas au primaire.

Qui enceinte les enfants du primaire ?
C’est la question qui brise le cœur. Comment peut-on parler de grossesse quand on évoque des fillettes du primaire, des enfants d’à peine 10 ou 11 ans ? Qui sont ces adultes, ces enseignants, ces conducteurs de taxi, ou ces proches qui abusent de l’innocence de gamines censées apprendre à lire et à écrire ?
Ces statistiques alarmantes montrent que malgré les campagnes de sensibilisation, le mal est profond. La riposte s’organise sur le terrain. Face à cette urgence nationale, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. La lutte s’articule désormais autour du programme national 2023-2027, avec le déploiement de cellules communautaires de veille pour repérer et protéger les filles à risque.
C’est dans cette dynamique qu’un atelier stratégique s’est tenu dans la préfecture de Kloto. Objectif : réunir les autorités locales, les chefs traditionnels, les leaders religieux et les organisations de jeunes pour qu’enfin, tout le monde parle le même langage. La prévention ne doit plus seulement se faire dans les bureaux, mais au cœur des communautés, là où le danger guette nos enfants.

