(Öri Infos) – Au Togo, il est presque devenu normal, pour un jeune qui entre dans la vie active, de se tourner vers un parent, un proche influent, un frère du village ou même une autorité politique pour demander une aide financière. Mais cette logique atteint vite ses limites.

L’homme politique et entrepreneur Gerry Taama apporte un éclairage direct sur la question. Pour lui :
« 5 000 F, c’est une aide. 50 000 F, c’est un investissement. »
À travers cette formule simple, il distingue clairement l’assistance ponctuelle de la véritable opportunité de croissance. Une aide peut dépanner, mais elle ne transforme pas une situation. Un investissement, en revanche, suppose une vision, un projet, une capacité à produire de la valeur.
Ne plus demander, mais proposer
Le conseil de Gerry Taama aux jeunes est clair : éviter de solliciter uniquement une assistance financière, mais plutôt proposer une prestation. Autrement dit, offrir un service, une compétence, une solution même modeste.
« Tous ceux qui occupent aujourd’hui des positions dominantes sont de grands bosseurs », rappelle-t-il. La plupart sont passés par les mêmes difficultés, les mêmes doutes, les mêmes obstacles. Ce qui les a différenciés, c’est leur capacité à transformer les contraintes en opportunités.
Dans une société où l’emploi salarié se raréfie, l’entrepreneuriat, les services, les métiers techniques et les initiatives personnelles deviennent des alternatives crédibles. La clé réside peut-être moins dans le montant reçu que dans la capacité à produire quelque chose d’utile et de monnayable.
Le message est sans ambiguïté : la jeunesse togolaise ne manque pas de talent. Ce qui manque souvent, c’est la stratégie, la discipline et la transformation de l’aide en levier d’investissement.
