(Öri Infos) – Le climat politique togolais s’échauffe. Ce vendredi 16 août, le Front Citoyen Togo Debout, la Novation Internationale et plus d’une vingtaine d’associations appellent à un « Togo Mort » pour protester contre les refus successifs d’autorisation de manifestations pacifiques par les autorités.
Selon ces organisations, le droit constitutionnel de manifester, garanti par l’article 30 de la Constitution de 1992 et l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, est aujourd’hui « bafoué au mépris le plus total ».
Trois refus, trois motifs contestés
Les acteurs de la société civile affirment avoir respecté toutes les procédures légales de déclaration préalable, mais ont vu leurs demandes systématiquement rejetées par le ministère de l’Administration territoriale.
- 10 juillet 2025 : Premier refus en pleine campagne électorale municipale, invoquant un « climat d’euphorie et d’agitation » nécessitant un contrôle strict de l’ordre public.
- 23 juillet 2025 : Nouveau veto, malgré la fin du scrutin. Le gouvernement évoque un « processus électoral encore en cours » du fait des recours devant la Cour suprême, un argument jugé « juridiquement fragile » par les organisateurs.
- 07 août 2025 : Troisième refus, jugé « inédit et surréaliste » par les associations. Les autorités mettent en avant un risque de bousculades près de la lagune de Bè, où des corps ont récemment été retrouvés, ainsi qu’un contexte « marqué par des appels à la haine » et des « attaques contre les forces de l’ordre ».
Un climat de tensions croissantes
Pour les organisateurs, ces motifs traduisent une volonté délibérée d’étouffer toute contestation et d’empêcher l’expression citoyenne dans l’espace public. Ils rappellent que les contentieux électoraux ne suspendent pas le droit de manifester et estiment que les arguments sécuritaires avancés ne tiennent pas face à la loi.
Un appel à la mobilisation silencieuse
Le « Togo Mort » du 16 août consistera à paralyser pacifiquement le pays : commerces fermés, circulation minimale, activités suspendues. Une manière, selon la société civile, d’envoyer « un signal fort » aux autorités tout en évitant les affrontements directs.
C’est un interdit général, jusqu’à nouvel ordre, de toute manifestation pacifique », dénonce Prof David Dosseh, porte-parole du Front Citoyen Togo Debout. « On ne nous refuse plus une marche, on nous interdit désormais de penser, de pleurer, de demander justice. », a-t-il pointé
