Les hépatites B et C représentent une menace silencieuse mais croissante au Togo, avec des taux de prévalence alarmants, notamment chez les jeunes adultes.
Une prévalence inquiétante
Selon les données disponibles, la prévalence de l’hépatite B au Togo est estimée entre 13 % et 16 %, tandis que celle de l’hépatite C se situe entre 8 % et 10 %. Ces chiffres sont particulièrement préoccupants chez les jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans, où la prévalence peut atteindre 16 %. Dans certaines régions du nord du pays, les taux peuvent même dépasser 35 %.
Des maladies silencieuses mais mortelles
Les hépatites B et C sont souvent qualifiées de « tueurs silencieux » car elles évoluent sans symptômes apparents pendant des années. Ce n’est qu’à un stade avancé qu’elles provoquent des complications graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie. La majorité des personnes infectées ignorent leur statut, ce qui complique la prise en charge et favorise la transmission du virus.
Un déficit de spécialistes
Le Togo ne compte actuellement qu’une douzaine d’hépato-gastroentérologues pour une population de plus de 8 millions d’habitants. Des efforts sont en cours pour former davantage de spécialistes, avec des affectations prévues dans des régions telles que Dapaong, Kara, Atakpamé et Notsè.
Des initiatives pour contrer la menace
Face à cette situation, des campagnes de dépistage et de vaccination sont régulièrement organisées, notamment par des associations comme « Sauvons l’Afrique des Hépatites ». Ces initiatives visent à sensibiliser la population et à promouvoir le dépistage précoce.
L’appel des spécialistes
Le professeur Aklesso Bagny, président de la Société togolaise d’hépato-gastroentérologie, souligne l’urgence d’une action coordonnée pour lutter contre les hépatites virales. Il appelle à la mise en place d’un programme national dédié, incluant des campagnes de sensibilisation, un accès élargi au dépistage et aux traitements, et une meilleure formation des professionnels de santé.
