(Öri Infos)– Depuis la prison civile de Lomé, une nouvelle voix s’élève. Celle d’Abel Yao Attitso, secrétaire général de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), qui dénonce ce qu’il décrit comme une détention arbitraire.
Dans un message transmis depuis sa cellule, il affirme être emprisonné pour avoir défendu pacifiquement les droits des étudiants.
Arrêté le 3 septembre dernier alors qu’il effectuait son stage, Abel Attitso a été conduit au Service central de recherche et d’investigation criminelle (SCRIC), avant d’être transféré à la prison civile de Lomé cinq jours plus tard.
Les autorités l’accusent d’appartenir à un groupe WhatsApp où figuraient deux anciens camarades interpellés en 2022. Une justification qu’il juge « sans fondement » et destinée à faire taire un syndicaliste trop critique.
« Je suis en prison pour avoir parlé, pour avoir cru qu’un étudiant pouvait encore rêver d’un avenir meilleur », écrit-il dans son message.
Un engagement dérangeant ?
Depuis plusieurs années, Abel Yao Attitso s’est fait connaître pour ses prises de position fermes en faveur de meilleures conditions de vie et d’étude pour les jeunes togolais.
Sous sa coordination, la SEET a porté plusieurs revendications : amélioration des bourses, restauration universitaire, transport, accès au numérique…
Des dossiers souvent restés sans suite, malgré de multiples courriers adressés aux autorités.
Selon lui, ses récentes interventions médiatiques auraient précipité son arrestation. Il évoque également des menaces anonymes reçues avant sa détention, en lien avec ses activités syndicales.
Des conditions « dramatiques »
Depuis sa cellule, l’étudiant décrit des conditions de détention éprouvantes et parle d’une volonté manifeste de lui « faire payer son engagement ».
Il affirme néanmoins garder espoir et appelle les jeunes à rester debout face à l’injustice.
« Le silence nourrit la peur, et la peur entretient l’injustice », confie-t-il.
Une lueur d’espoir ?
Le message d’Abel Yao Attitso intervient alors que le président du Conseil de la République, Faure Gnassingbé, a récemment annoncé une grâce présidentielle à venir pour plusieurs détenus.
Un geste perçu par certains comme un signal d’ouverture et d’apaisement.
Les familles, associations et organisations de défense des droits humains espèrent que le jeune syndicaliste pourrait figurer parmi les bénéficiaires.
