(Öri Infos) – De temps en temps, on entend parler d’une personne qui s’effondre pendant un rapport sexuel, ou qui meurt peu après. Ces récits font peur et posent une vraie question : le sexe peut-il vraiment provoquer un accident cardiaque ? Un cardiologue nous explique ce qu’il en est réellement.
Selon le Dr Aliou Alassane Ngaïdé, médecin vasculaire et cardiologue du sport, ce genre de situation existe bel et bien, mais reste très rare. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas le rapport sexuel qui tue directement. Il peut, dans certaines circonstances, jouer le rôle de « déclencheur » chez une personne qui souffre déjà d’une maladie cardiaque, connue ou non.

Le cœur travaille pendant le sexe

Le rapport entre sexualité et cœur est bien réel, car le sexe est avant tout un effort physique. Comme pour n’importe quelle activité physique, le cœur et les vaisseaux sanguins s’adaptent à l’intensité de l’effort.
Au fur et à mesure que l’excitation monte, le rythme cardiaque et la tension artérielle augmentent progressivement. Ils atteignent leur maximum au moment de l’orgasme, puis reviennent petit à petit à la normale. Chez une personne en bonne santé, le cœur supporte très bien cet effort. Mais chez une personne dont le cœur est déjà fragilisé, cet effort peut, dans de rares cas, augmenter le risque d’un accident cardiaque.
Qui sont les personnes les plus à risque ?
Le cardiologue identifie trois groupes de personnes plus exposées :
- celles qui souffrent d’une maladie des artères du cœur (maladie coronarienne) ;
- celles qui ont une insuffisance cardiaque ;
- celles qui ont des troubles graves du rythme cardiaque.

À cela s’ajoutent les grands facteurs de risque cardiovasculaire bien connus : l’hypertension artérielle, le diabète, le tabac, l’obésité, un taux de cholestérol trop élevé, le manque d’activité physique et le stress chronique.
Chez les personnes ayant des troubles graves du rythme cardiaque, l’accélération du cœur pendant l’effort peut, rarement, provoquer des troubles très dangereux, voire mortels. Le sexe n’est donc, en réalité, qu’un déclencheur d’un problème de santé déjà présent, qu’il soit connu ou non.

