(Öri Infos) – Ce lundi 11 mai 2026, le rideau est tombé sur la première journée de la Conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance à l’Hôtel 2 Février. Vingt deux pays, trois jours et une ambition historique : briser le cycle de la malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Organisée conjointement par le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, cette conférence est la plus ambitieuse jamais tenue en Afrique subsaharienne sur ce thème. Le Togo n’a pas été choisi au hasard. Le pays a présenté des atouts solides, notamment :

- La validation en 2024 d’une stratégie nationale d’éducation préscolaire.
- Un cadre législatif renforcé par un arrêté interministériel encadrant les crèches et garderies.
« Le Gouvernement togolais a fait de la nutrition et du développement de la petite enfance non pas une déclaration volontariste, mais une priorité d’action… nous avons agi, nous avons investi, nous avons innové et nous avons encore beaucoup à faire. » a déclaré Martine Moni Sankaredja, Ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance du Togo à l’ouverture des travaux.

L’appel à l’action des partenaires internationaux
Pour Hamadou Nouhou, Représentant Résident de l’OMS au Togo, l’objectif est de garantir à chaque enfant un « départ équitable dans la vie ». Un sentiment partagé par l’UNICEF, dont le directeur régional adjoint a rappelé les succès du Fonds Muskoka.
« Les données sont claires : investir dans la nutrition et le développement de la petite enfance est l’un des investissements les plus rentables qu’un pays puisse réaliser pour son capital humain, sa croissance et sa stabilité future.»
Toutefois, l’organisation onusienne, qui prépare son Plan stratégique 2026-2029, a lancé un avertissement clair : « Aucune transformation durable ne sera possible sans un engagement accru des États eux-mêmes ». L’attente est désormais tournée vers des engagements financiers et techniques mesurables d’ici la fin des travaux le 13 mai.

« Ce n’est pas seulement une question de survie, mais une condition préalable au développement cognitif, à la préparation scolaire, à la productivité de la main-d’œuvre et à la résilience ; en somme, la nutrition est une condition préalable au développement du capital humain.» estime Kinday Samba, Directrice Régionale du PAM

L’enjeu des trois prochains jours à Lomé est d’opérationnaliser les interventions. Il ne s’agit plus seulement de faire un diagnostic, mais de mobiliser des financements durables et de renforcer les systèmes de données. « Comment mobiliser durablement et de façon coordonnée les ressources nécessaires pour financer la nutrition et le développement de la petite enfance ? », a déclaré Tony Verheijen, Représentant Résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.

Forte de son expérience, Mme Ariela Luna, ancienne ministre du Développement et de l’Inclusion sociale du Pérou a démontré comment son pays a réussi à placer la petite enfance au cœur de sa stratégie de croissance nationale. Pour Ariela Luna, le message est clair : convaincre les décideurs nécessite de changer de paradigme.
« Il est crucial de faire comprendre aux chefs d’État et aux ministres de l’Économie que l’enfance n’est pas qu’un enjeu social, c’est un véritable indicateur économique », a-t-elle martelé.

L’idée est simple : un investissement aujourd’hui dans la nutrition est la garantie d’une stabilité et d’une croissance économique pour les décennies à venir. Les travaux s’achèveront ce mercredi par un conclave ministériel consacré au financement domestique.










