(Öri Infos) – Une gynécologue-obstétricienne et deux médecins en cours de spécialisation sont condamnés pour homicide involontaire suite au décès de Rebecca Dossou, survenu après une césarienne au CHUD/Ouémé au Bénin.

Le tribunal de Porto-Novo a rendu son verdict le 11 mars 2026 dans l’affaire qui secoue le milieu médical béninois depuis plusieurs semaines.
Une peine de prison et une amende qui envoie un message fort
Les trois praticiens ont été condamnés à une peine de 24 mois de prison, dont 12 mois ferme. Outre la privation de liberté, la justice leur a infligé une amende de 5 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts au profit de la famille de la victime.
Les faits remontent au mois de janvier 2026. Selon les témoignages de ses proches, la patiente aurait été victime d’une prise en charge défaillante et d’un manque de suivi après son opération.
L’affaire avait pris une ampleur nationale après le témoignage viral du mari de la victime, dénonçant des négligences graves au sein de l’hôpital.
Cette condamnation, particulièrement ferme, envoie un signal fort sur la responsabilité du personnel soignant au Bénin, bien que le secteur médical s’inquiète des répercussions de cette décision sur la pratique quotidienne des stages hospitaliers et des gardes.
Une vague d’indignation et de peur chez les soignants
L’annonce du verdict a provoqué une onde de choc immédiate dans les hôpitaux du pays. De nombreux étudiants en médecine, particulièrement les internes et médecins en spécialisation, ont manifesté leur colère en annonçant un arrêt des stages hospitaliers.
Ils dénoncent une décision de justice qu’ils jugent disproportionnée et craignent désormais de pratiquer des actes médicaux complexes par peur des poursuites pénales.
Face à cette situation, le doyen de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) d’Abomey-Calavi a dû intervenir officiellement pour appeler au calme et exiger la reprise immédiate des stages, rappelant leur caractère obligatoire pour la validation du cursus.
De leur côté, plusieurs syndicats de santé s’inquiètent de la dégradation du climat de confiance entre les patients et les soignants, tout en pointant du doigt les conditions de travail précaires qui favorisent, selon eux, la survenue de tels drames.
