(Öri Infos) – C’est un tournant inattendu. Le Burkina Faso a décidé de réintroduire la peine de mort, sept ans après l’avoir abolie. Lors du Conseil des ministres du 4 décembre 2025, le gouvernement a validé un projet de loi refondant le code pénal et rétablissant la sanction suprême pour certaines infractions.
Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu cette décision au nom d’une « justice conforme aux attentes du peuple burkinabè », estimant que le contexte sécuritaire actuel exige des réponses fortes.
Le texte propose que la peine capitale soit applicable dans des cas précis : la haute trahison, les actes de terrorisme et l’espionnage. Il s’agit, selon les autorités, de dissuader les comportements perçus comme menaçant la stabilité nationale.
Cette réforme s’accompagne d’un durcissement général du cadre pénal. Les crimes économiques graves, notamment les détournements de fonds supérieurs à cinq milliards de francs CFA, pourront être sanctionnés par la réclusion à perpétuité. Les infractions liées à la promotion de l’homosexualité, quant à elles, seront punies de travaux d’intérêt général.
La dernière exécution d’une peine de mort au Burkina Faso remonte à 1988, il y a près de quatre décennies. L’annonce du rétablissement de cette mesure a déjà suscité de vives réactions au sein de la société civile et des organisations internationales de défense des droits humains.
Avant d’être promulgué, le projet de code pénal devra être adopté par l’Assemblée législative de transition. Ce vote sera déterminant pour confirmer — ou non — le retour officiel de la peine capitale dans l’arsenal judiciaire burkinabè.
