L’Assemblée nationale togolaise a officiellement clôturé, ce lundi 30 juin 2025, sa première session ordinaire de l’année. La cérémonie s’est tenue au siège de l’hémicycle à Lomé, en présence du ministre chargé des relations avec les institutions de la République.
Au cours de cette séance solennelle, le président de l’Assemblée, Kodjo Adedze, est revenu sur les travaux accomplis depuis l’ouverture de la session, le 1er avril. Il a notamment évoqué la désignation du président du Conseil, l’élection du chef de l’État lors du congrès avec le Sénat, la tenue de séminaires parlementaires et les actions de diplomatie législative.
Mais la séance a aussi été marquée par une prise de position sur les événements récents. Kodjo Adedze a fermement condamné les violences survenues lors des mobilisations citoyennes des 26, 27 et 28 juin, dénonçant les agissements de « fauteurs de troubles » qui, selon lui, auraient instrumentalisé des jeunes pour semer le désordre. Il a exprimé la compassion de la Représentation nationale envers les familles endeuillées et a annoncé que l’Assemblée se pencherait prochainement sur les circonstances entourant la découverte de corps dans le 4ᵉ lac d’Akodesséwa.
Une absence politique notable
Cette séance s’est tenue en l’absence des députés des groupes parlementaires de l’opposition (DMP et ADDI), qui ont refusé d’y siéger. Dans une déclaration rendue publique le 29 juin, ces élus ont dénoncé une « mascarade institutionnelle » et regretté que l’Assemblée nationale « choisisse de clore sa session sans aborder l’urgence nationale ».
Dans ce texte signé notamment par Brigitte Adjamagbo et Aimé Gogué, les élus affirment que « notre devoir de député n’est pas de siéger dans un confort climatisé pendant que le peuple est asphyxié au gaz lacrymogène ». Ils appellent à la convocation d’une session extraordinaire, conformément à l’article 31 du Règlement intérieur, afin de traiter de la situation sécuritaire et politique du pays, marquée par la répression, les arrestations arbitraires et la mort de plusieurs personnes.
Place à l’intersession
Avec la fin de cette session, une période d’intersession de trois mois s’ouvre désormais. Les députés sont invités à poursuivre leur travail de proximité avec les populations, bien que l’Assemblée puisse être rappelée en session extraordinaire en cas d’urgence nationale ou à la demande d’un nombre suffisant d’élus.
