(Öri Infos) – Réunis dans le cadre de la conférence régionale organisée à Hôtel 2 Février du 11 au 13 mai 2026, plusieurs hauts responsables gouvernementaux africains ont affiché leur volonté de faire de la nutrition et du développement de la petite enfance une priorité politique majeure au cours des trois prochaines années.
Après plusieurs heures de concertation à huis clos,les membres du conclave ministériel sur la nutrition et le développement de la petite enfance ont présenté ce mercredi à Lomé, une déclaration finale ambitieuse. Ceci marque une nouvelle étape dans la lutte contre la malnutrition infantile en Afrique de l’Ouest et du Centre.


Les membres présents au conclave ministériel
Le conclave ministériel a rassemblé notamment S.E.M. Ibrahima Sanon, Secrétaire général du ministère de l’Enseignement du Burkina Faso, S.E. Dr Marthe-Augustine Kirimat, Ministre de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant de la République centrafricaine, Dr Mbaidedji Dekandji Francine, Ministre d’État, Ministre de la Santé publique et de la Prévention du Tchad, Mabouda Diagne, Ministre de l’Agriculture du Sénégal, Prof Suwaiba Said Ahmad, Ministre d’État à l’Éducation du Nigeria, S.E. Dr Macdonald Metzger, Chef de Cabinet adjoint du Bureau du Vice-président du Liberia, S.E. Mme Agnes Chieh Marshall, Ministre adjointe de l’Enfance et de la Protection sociale du Genre du Liberia, ainsi que Martine Moni Sankaredja, Ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance du Togo.
À l’issue des échanges, la déclaration finale du conclave a été lue devant toute l’assemblée par Dr Marthe-Augustine Kirimat. Dans un discours structuré autour de six grands axes stratégiques, les ministres ont pris une série d’engagements destinés à améliorer durablement les conditions de vie des enfants dans la région.

L’intégralité de la déclaration finale du conclave
Déclaration de Lomé Appel à l’action pour la nutrition et le développement de la petite enfance Lomé, Togo (13 mai 2026)
Nous, les ministres représentants des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, les partenaires au développement et la société civile, réunis du 11 au 13 mai 2026 à l’occasion de la Conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance à Lomé, au Togo, autour de la reconnaissance commune que la nutrition et le développement de la petite enfance sont fondamentaux pour un développement optimal du capital humain ; notamment pour la santé, l’éducation, la formation, la création d’emplois et la croissance économique à court et long terme ;
Des éléments solides confirment que les investissements dans la nutrition et le développement de l’enfant au cours des 2 000 premiers jours de vie ont des rendements économiques et sociaux élevés et sont essentiels pour briser les cycles intergénérationnels de malnutrition, de pauvreté, de vulnérabilité et d’inégalités. Pourtant, les programmes restent très inégaux d’un pays à l’autre et au sein des pays de la région, avec d’importantes disparités liées à la pauvreté, à la situation géographique, au genre et aux contextes de fragilité, de conflits et de déplacement. La malnutrition demeure préoccupante et une majorité d’enfants dans la région n’arrivent pas à réaliser pleinement leurs droits fondamentaux à une croissance saine et à un développement cognitif optimal.
L’amélioration de l’état nutritionnel et des résultats en matière de développement de la petite enfance nécessite un leadership soutenu et déterminé à tous les niveaux de l’administration, des systèmes solides pour la prestation de services à grande échelle, ainsi que des politiques et actions coordonnées dans tous les secteurs (santé, agriculture, éducation, eau, assainissement, protection de l’enfance et protection sociale).
Par conséquent, nous nous engageons, au cours des trois prochaines années, aux actions suivantes pour élargir et maintenir l’accès à des services intégrés, rentables et abordables, afin d’améliorer la nutrition et le développement de la petite enfance dans toute la région :
Renforcement de la gouvernance et de la redevabilité
Nous nous engageons à renforcer l’environnement politique et institutionnel requis pour améliorer les résultats de la petite enfance, en faisant de la nutrition et du développement de la petite enfance des urgences et priorités nationales dans les programmes d’action en faveur du capital humain et de la croissance économique ; à clarifier les rôles et responsabilités entre les ministères et les différents échelons de l’administration ; à renforcer les mécanismes de coordination pour réduire la fragmentation et promouvoir un suivi et un rapportage transparent des performances ; et à améliorer la disponibilité, la qualité et l’utilisation des données pour guider la prise de décision, le ciblage, l’allocation des ressources et le suivi des performances.
Hiérarchisation et maximisation de l’efficacité des investissements
Nous nous engageons à accroître et maintenir les investissements dans la nutrition et le développement de la petite enfance en mobilisant davantage les ressources intérieures, en explorant des approches de financement innovantes ; notamment en tirant parti des investissements du secteur privé, et en assurant un meilleur alignement des budgets aux niveaux national et international. Nous améliorerons l’efficience, l’efficacité et la durabilité de ces financements en liant plus étroitement les budgets aux résultats et en optimisant davantage les ressources disponibles.
Fourniture de services intégrés tout au long du cycle de vie
Nous nous engageons à mettre en place les fondements politiques, réglementaires, de gouvernance et de financement nécessaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’alimentation, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, de la protection de l’enfance et de la protection sociale, afin de créer un environnement propice à des résultats équitables et durables en matière de nutrition et de développement de la petite enfance. Dans ce cadre systémique, nous veillerons à ce que les enfants et les personnes qui s’en occupent bénéficient d’un ensemble cohérent, intégré et continu d’interventions à fort impact tout au long des 2 000 premiers jours, et à ce que soient prodigués des soins attentifs, une stimulation précoce et un environnement sûr et bienveillant pour chaque enfant.
Renforcement des capacités de la main-d’œuvre et création d’emplois pour les femmes et les jeunes
Nous nous engageons à renforcer le personnel responsable de la prestation de services intégrés en investissant dans la formation, la supervision, l’encadrement, le mentorat et les incitations, dans le but d’améliorer les conditions de travail et la qualité des services ; en particulier pour les femmes et les jeunes sur le marché du travail ; et à renforcer la coordination entre les travailleurs de premier niveau dans tous les secteurs, afin de soutenir la prestation de services au plus près des ménages et des communautés.
Promotion de l’équité et de l’inclusion
Nous nous engageons à donner la priorité aux femmes et aux enfants les plus exposés à de mauvais résultats dans la petite enfance ; notamment ceux touchés par la fragilité, les conflits, les déplacements et l’exclusion économique et géographique, et à soutenir des approches novatrices et adaptatives de prestation de services afin d’améliorer l’accès, la continuité et la qualité de la nutrition et des services de la petite enfance dans les environnements fragiles et difficiles d’accès, en veillant à ce qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte.
Promotion du partage des connaissances et de la collaboration régionale
Nous nous engageons à favoriser l’apprentissage, le partage de connaissances et de données, la production d’éléments probants et la collaboration entre pays sur des solutions innovantes et transposables à grande échelle pour la nutrition et le développement de la petite enfance. Nous renforcerons le dialogue régional, encouragerons la création de réseaux, partagerons les enseignements et les bonnes pratiques, encouragerons l’harmonisation des approches et des normes, suivrons les progrès collectifs et maintiendrons la dynamique au-delà de la présente conférence de Lomé.
Nous veillerons à traduire ces priorités en actions ciblées, mesurables et à fort impact, mises en œuvre par le biais des systèmes nationaux et infranationaux ; à assurer l’harmonisation et l’alignement des partenaires et des financements autour de priorités communes ; à renforcer l’appropriation au niveau des communautés et des districts ; et à suivre les améliorations mesurables des résultats de la petite enfance.
Nous exhortons les dirigeants et les partenaires de la région à s’engager en faveur de ces actions afin d’accélérer le développement du capital humain et de faire en sorte que chaque enfant ait la possibilité de s’épanouir et de contribuer activement à la société. Nous sommes convaincus que pour garantir la génération de dirigeants de demain, il faut investir dès aujourd’hui dans la génération actuelle de jeunes enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Une feuille de route pour une meilleure responsabilisation.
Forts du succès de la conférence régionale de Lomé, nous nous engageons à rendre compte de ces engagements conformément aux plans d’action nationaux et aux cadres existants. Le groupe de travail consultatif pour la nutrition et la petite enfance soutiendra les plateformes multisectorielles de coordination en tant qu’entité unique de coordination de la nutrition et du développement de la petite enfance au niveau des pays.
Je vous remercie de votre bien-aimable attention. »

