(Öri Infos) – Loin des frontières de l’Europe orientale, le fracas des bombes russes et ukrainiennes trouve un écho tragique dans les foyers du Togo.
Derrière les promesses d’études ou d’avenir radieux, se cache une réalité sombre : celle de jeunes Africains transformés en chair à canon. Un récent rapport d’investigation lève le voile sur ce « business du désespoir ».

Le constat est glacial. Selon le rapport intitulé « Le business du désespoir », publié le 11 février 2026 par le collectif All Eyes On Wagner et l’ONG suisse INPACT, le Togo n’est plus épargné par le recrutement de combattants pour le front ukrainien.
L’enquête identifie 18 jeunes Togolais ayant intégré les rangs de l’armée russe. Pour trois d’entre eux, le voyage s’est arrêté définitivement dans la boue des tranchées. Dogan Komlan-Junior Mark, Koulekpato Dosseh et Sabi-Ifon Yaovi sont les noms de ces fils du pays qui ne reviendront jamais, illustrant le coût humain exorbitant de ce conflit importé.
Un piège aux multiples visages
Comment en arrive-t-on là ? Le scénario est souvent le même : un visa d’études, une promesse de travail, puis l’implacable réalité militaire.
Le Mouvement Martin Luther King (MMLK), fer de lance de la défense des droits humains au Togo, avait déjà donné l’alerte le 17 mars 2025. L’organisation révélait le cas d’un étudiant togolais, parti de Lomé en août 2024 avec un visa en règle délivré à Cotonou. Une fois sur le sol russe, le rêve a viré au cauchemar : enrôlement forcé, blessures de guerre, puis capture par les forces ukrainiennes.
« Nous appelons les autorités togolaises à engager un dialogue diplomatique avec Kiev pour sauver nos compatriotes capturés », plaidait alors le MMLK.
Le cas du Togo n’est que la partie émergée d’un iceberg continental. Les chiffres compilés par les enquêteurs sont vertigineux :
- 1 417 jeunes Africains recrutés au total.
- 316 décès confirmés.
- 6 mois : c’est la durée de vie moyenne d’une recrue sur le front. Certains ne survivent pas plus de 30 jours après leur arrivée.
Si l’Égypte, le Cameroun et le Ghana restent les pays les plus touchés, la présence de Togolais sur cette liste noire confirme que les réseaux de recrutement densifient leur maillage en Afrique de l’Ouest.

