Une nomination confirmée par l’Union Africaine
L’Union Africaine (UA) a officialisé, le 13 avril 2025, la nomination du président togolais Faure Gnassingbé comme médiateur dans le conflit opposant la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Annoncée par le ministère togolais des affaires étrangères et confirmée par l’UA, cette décision vise à apaiser les tensions dans l’est de la RDC, où les affrontements impliquant le groupe M23 aggravent une crise humanitaire majeure.
Genèse de la proposition
La candidature de Gnassingbé a été avancée lors d’une réunion virtuelle du Bureau de la Conférence de l’UA, le 5 avril 2025, présidée par João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’organisation. Après deux ans de médiation, Lourenço a choisi de se retirer pour se concentrer sur ses responsabilités au sein de l’UA, proposant Gnassingbé comme successeur. Des consultations préliminaires positives et l’absence d’objections lors de la procédure de « silence » de l’UA ont permis de valider cette nomination.
Un médiateur expérimenté
Faure Gnassingbé succède à Lourenço avec un solide bagage en résolution de crises africaines. Reconnu pour sa discrétion, il a joué un rôle clé dans la réconciliation entre la Côte d’Ivoire et le Mali, ainsi qu’entre factions au Burkina Faso. « Ses qualités diplomatiques et son approche axée sur le dialogue sont des atouts majeurs », a souligné Gilbert Bawara, ministre togolais de la réforme de la fonction publique.
Controverses au Togo
Malgré ses compétences, la nomination de Gnassingbé suscite des critiques au Togo. Dès le 9 avril, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), principal parti d’opposition, a qualifié cette décision d’« indécente », dénonçant le bilan controversé du président en matière de droits humains. Quatorze organisations de la société civile, dont le Front Citoyen Togo Debout, ont également exprimé leur opposition, voyant dans cette nomination une tentative de redorer son image.
Un défi de coordination
Le conflit RDC-Rwanda, centré sur l’est de la RDC, reste complexe avec l’implication du M23, accusé d’être soutenu par Kigali. Par ailleurs, des initiatives parallèles, comme la médiation qatarie à Doha en mars 2025 ayant réuni Félix Tshisekedi et Paul Kagame, compliquent le paysage diplomatique. Gnassingbé devra harmoniser ces efforts pour relancer un dialogue efficace entre Kinshasa et Kigali.
Perspectives pour la médiation
Avec le M23 contrôlant des zones stratégiques riches en minerais, les espoirs reposent sur l’expérience de Gnassingbé pour désamorcer une crise aux ramifications régionales. Les premières actions du nouveau médiateur seront scrutées de près, alors que la communauté internationale attend des progrès concrets pour stabiliser la région.
