Depuis le 2 juin, le système de santé ghanéen est gravement perturbé par une grève nationale des infirmières et sages-femmes, un mouvement suivi par près de 85 % des professionnelles concernées selon l’association GRNMA (Ghana Registered Nurses and Midwives Association).

128 000 grévistes mobilisées
Plus de 128 000 infirmières et sages-femmes ont cessé le travail pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Parmi leurs principales revendications :
- L’instauration d’un 13e mois de salaire
- Des primes de carburant
- Des indemnités pour les postes en zones rurales
- Le soutien au renouvellement des licences professionnelles
Des demandes jugées raisonnables par le syndicat, mais absentes du budget 2025. « Nos principales demandes peuvent être satisfaites sans délai », a déclaré David Tenkorang-Twum, secrétaire général du GRNMA.
Un coût jugé trop élevé par le gouvernement
Le ministre délégué aux Finances, Thomas Nyarko Ampem, estime que satisfaire les revendications coûterait plus de 2 billions de cédis (environ 165 millions d’euros), ce qui compromettrait les efforts de redressement fiscal engagés par le gouvernement.
Malgré plusieurs séances de négociation, aucun accord n’a été trouvé, forçant le syndicat à maintenir le mouvement de grève.
Une situation critique dans les hôpitaux
Les consultations externes sont suspendues, notamment à l’hôpital universitaire de Korle-Bu à Accra, où 1 600 lits restent inoccupés. Le personnel de la morgue rapporte une hausse quotidienne des décès, avec 20 à 25 morts par jour depuis le début de la mobilisation, selon les médias locaux.
Face à l’urgence, le ministre de la Santé, Kwabena Mintah Akandoh, a lancé un appel aux retraitées pour assurer un minimum de continuité dans les soins.
Une pression croissante sur le gouvernement
Cette grève soulève de vives inquiétudes dans un pays où l’accès aux soins est déjà fragile. Tandis que le personnel médical dénonce l’inaction budgétaire, le gouvernement doit composer avec ses engagements macroéconomiques sous pression du FMI.
Le dialogue reste au point mort, mais la situation humanitaire pourrait pousser les autorités à revoir leurs priorités dans les jours à venir.
