Houéyiho ,Un projet de gare routière
À Houéyiho 1, dans le 11e arrondissement de Cotonou, un projet de gare routière sur 15 hectares entraîne l’expropriation de plus de 260 maisons, commerces ainsi qu’une école et un temple vodun, selon un arrêté municipal de septembre 2024. Annoncé tardivement le 4 février 2025 par un crieur public, ce projet suscite colère et inquiétude parmi les habitants, qui dénoncent un manque de consultation préalable.
Un sentiment d’injustice
Les résidents, dont certains possèdent leurs parcelles depuis l’ère coloniale, se sentent dépossédés. « Pourquoi ne pas nous avoir consultés avant ? Tout est tellement brusque » déplore Bidossessi, fille d’un propriétaire. La communication tardive, amplifie le sentiment d’injustice. Les propriétaires de commerces et d’écoles craignent de perdre leurs moyens de subsistance, sans garantie de relocalisation viable.
Au-delà des indemnisations
Si les indemnisations restent une préoccupation, les habitants s’inquiètent surtout de la disruption de leur vie quotidienne. La fermeture d’établissements scolaires et commerciaux menace l’équilibre économique et social du quartier. Bidossessi souligne l’attachement émotionnel au lieu : « Ce n’est pas qu’un ensemble de parcelles, mais un lieu chargé de souvenirs. » La paix sociale est également en jeu, les résidents craignant des tensions communautaires.
Un projet de gare routière pour désengorger Cotonou
Les autorités justifient l’expropriation par la nécessité de désengorger Cotonou et de moderniser les infrastructures de transport. La gare routière, prévue pour faciliter le transport interurbain, devrait créer des emplois et réduire les embouteillages. Cependant, le manque de transparence et de dialogue avec les habitants ternit ces ambitions.
Une situation à suivre
Alors que les travaux approchent, les habitants appellent à une meilleure concertation et à des solutions pour préserver leur stabilité sociale. Cette expropriation, bien que légale, soulève des questions sur la gestion humaine des projets d’utilité publique au Bénin, dans un contexte où des précédents, comme à Avlékété ou Xwlacodji, ont révélé des indemnisations inéquitables et un manque de consultation.
