(Öri Infos) – La Zambie vient de refuser de signer un mémorandum d’accord (MOU) avec les États-Unis portant sur plus d’un milliard de dollars de financement sanitaire, estimant que certaines clauses de l’accord ne servent pas ses intérêts nationaux.

L’accord en question devait couvrir sur cinq ans le financement de programmes essentiels de lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, mais aussi la préparation aux épidémies ainsi que la santé maternelle et infantile. Un financement vital pour un pays où l’aide américaine représentait encore récemment 367 millions de dollars par an pour les seuls services VIH.
Mais derrière ce discours se cachent des exigences que Lusaka juge inacceptables. Selon un draft de l’accord cité ce jeudi 26 février par Reuters, Washington conditionne le versement de cette aide à des concessions dans le secteur minier et à des réformes économiques favorisant les intérêts commerciaux américains en Zambie, deuxième producteur de cuivre d’Afrique derrière la RDC, et riche en cobalt, lithium, nickel et terres rares.
Des clauses de partage de données jugées inacceptables
Au-delà de la question minière, la société civile zambienne tire la sonnette d’alarme sur une autre disposition jugée elle aussi controversée : un accord de partage de données sanitaires d’une durée de 10 ans. « Ce partage de données sera à sens unique, de la Zambie vers les États-Unis, et bénéficiera uniquement à ces derniers », renseigne Owen Mulenga, de l’ONG International AIDS Society, cité par les médias. « C’est comme si notre gouvernement signait la cession du droit d’accès aux données de santé de ses citoyens à un autre pays », renchérit Josiah Kalala, directeur de Chapter One Foundation
