(Öri Infos) – L’effervescence des grands jours n’est pas retombée dans les couloirs du complexe hôtelier qui accueille depuis lundi des représentants gouvernementaux, experts internationaux, partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs organisations engagées dans la lutte contre la malnutrition.
Après une première journée consacrée à dresser un tableau préoccupant de la situation nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et du Centre, la Conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance est entrée, ce mardi 12 mai 2026, dans une phase beaucoup plus stratégique : celle des solutions concrètes et des engagements opérationnels.

Si les discussions de la veille avaient permis de rappeler l’ampleur de la crise nutritionnelle dans la région, cette deuxième journée a marqué un véritable tournant technique, avec un objectif clair : transformer les recommandations en plans d’action nationaux capables de produire des résultats mesurables.
Des ateliers techniques pour construire des plans d’action nationaux
Cette deuxième journée a été dominée par des travaux de groupes consacrés à l’élaboration de plans d’action nationaux et au partage d’expériences entre pays africains.
Les échanges ont notamment porté sur les cas du Nigeria, du Cap-Vert et de la Guinée. Les participants ont analysé les politiques mises en place, les difficultés rencontrées ainsi que les approches ayant permis d’améliorer les indicateurs nutritionnels dans certains contextes. La session a été modérée par Judith Kaboré, spécialiste de l’appui aux pays au sein du secrétariat du Mouvement SUN. L’objectif était clair : permettre aux délégations de repartir avec des outils pratiques et des orientations adaptées aux réalités de leurs pays respectifs.

Le financement durable au centre des débats
Le deuxième panel majeur de la journée, intitulé «Financement et durabilité », a réuni des représentants du Sénégal, du Ghana et du Togo autour des stratégies de mobilisation des ressources pour la nutrition et le développement de la petite enfance.
Le Sénégal a présenté son expérience en matière d’engagement politique et de partenariats pour soutenir les programmes nutritionnels. Le Ghana, de son côté, a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les ministères de la santé, de l’éducation et de la protection sociale afin d’éviter une gestion fragmentée des ressources.
Le Togo a quant à lui mis l’accent sur les mécanismes permettant d’augmenter progressivement les ressources nationales consacrées à la nutrition et au développement de la petite enfance et les nombreux efforts déjà déployés par son président du Conseil.
Nutrition et conflits : l’engagement communautaire comme réponse
Le troisième panel de la conférence a abordé un autre défi majeur : assurer la nutrition et le développement de la petite enfance dans des contextes de fragilité, d’insécurité ou de conflit.
Modérée par Fanta Touré Diop, Représentante régionale de l’ONG Action contre la Faim, cette session a réuni les responsables nationaux de la nutrition du Mali (M. Djibril Bakayoko, Responsable de l’Unité de Coordination de la Nutrition et Point Focal SUN), du Tchad (Dr Mahamat Bechir, Directeur de la Nutrition et Point Focal SUN), du Burkina Faso (Dr Estelle Bambara Directrice de la nutrition), De la République Centrafricaine (Dr M’bary Siolo Mada Bebelou), et du Niger, (Dr Idrissa Mounkaila, Chef de Division Prévention des Troubles Nutritionnels et Développement de la Petite Enfance). . Face à l’insécurité, ces experts ont présenté des plans d’action où l’État et les partenaires s’effacent parfois derrière la force du terrain.

Le dénominateur commun de ces cinq pays est leur capacité à s’appuyer sur un système qui place la communauté au centre de l’action. Il ne s’agit pas » seulement d’aider les populations, mais de les engager directement en utilisant les moyens et les savoir-faire locaux. C’est cette mobilisation « par et pour » la communauté qui permet de maintenir les services de nutrition là où l’administration classique a parfois du mal à se projeter. » affirme Estelle Bambara.





