(Öri Infos) – Le Togo vient de franchir une étape stratégique dans sa politique de modernisation des infrastructures. Le Groupe de la Banque mondiale, à travers l’Association internationale de développement (IDA), a approuvé un financement de 200 millions de dollars destiné à renforcer en profondeur les systèmes de transport et de logistique du pays. Une enveloppe significative qui s’inscrit dans une vision plus large : faire du Togo un hub logistique incontournable en Afrique de l’Ouest.
Baptisé Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT), ce projet repose sur une approche de développement territorial intégré. Son ambition est claire : connecter efficacement les zones de production aux marchés, tout en fluidifiant les échanges entre les centres urbains et les pôles industriels.


« Ce programme représente une opportunité stratégique majeure pour le Togo de renforcer sa position en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région et au-delà, en s’appuyant sur le Port de Lomé comme un atout stratégique. Il contribuera à stimuler la création d’emplois, à soutenir le développement des chaînes de valeur et à renforcer la capacité du pays à attirer des investissements privés de qualité », a déclaré M. Verheijen, Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.
Un projet structurant au cœur de l’économie nationale
En 2024, le Togo a assuré 29,5 % des services de transport liés aux exportations de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), devant la Côte d’Ivoire (26,7 %), selon les dernières données disponibles. Ce résultat faisait du Togo le premier pays de l’Union en matière de transport de marchandises à l’export.
Parmi les principaux chantiers annoncés pour ce financement de la Banque Mondiale :
- la réhabilitation de la ligne ferroviaire stratégique reliant le Port autonome de Lomé à la Plateforme industrielle d’Adétikopé ;
- l’amélioration de la mobilité urbaine dans le Grand Lomé ;
- le désenclavement des zones agricoles à fort potentiel, notamment les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP).

Cette combinaison d’investissements vise à corriger un déséquilibre structurel : un pays doté d’un port performant, mais encore freiné par des goulots d’étranglement logistiques internes. En désenclavant ces zones, le projet contribuera à faciliter l’écoulement des produits agricoles, réduire les pertes post-récolte et renforcer la compétitivité des filières agro-alimentaires. Les investissements prévus contribueront à la modernisation des infrastructures de transport du Togo.
Un impact direct sur plus de 2,2 millions d’habitants
Dans le Grand Lomé, les retombées attendues sont considérables. Le projet prévoit une amélioration des services de transport public et une meilleure organisation de la circulation urbaine, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie de près de 2,2 millions de personnes.
La réduction des embouteillages, du bruit et de la pollution devrait contribuer à rendre la capitale plus vivable, productive et attractive pour les investisseurs.

En milieu rural, la réhabilitation des routes de desserte reliant les exploitations agricoles aux marchés permettra à environ 400 000 personnes, dont 51 % de femmes, dans les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô, d’accéder plus facilement à des services publics de base et à des opportunités économiques.
« Le projet permettra d’améliorer la sécurité routière et d’offrir à tous des possibilités de transport plus rapides et plus sûres. Enfin, le programme s’appuiera sur une large gamme de services proposés par le Groupe de la Banque mondiale, qui peut mobiliser des capitaux par l’intermédiaire de ses institutions dédiées au secteur privé, à savoir la Société financière internationale et l’Agence multilatérale de garantie des investissements. » conclut le Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, M. Tony Verheijen

