(Öri Infos) – C’est une histoire qui défie l’entendement et interroge les limites de la psychiatrie. Jewel Shuping, une Américaine aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années, a réalisé son rêve d’enfant : perdre la vue. Derrière cet acte extrême se cache une pathologie rare et méconnue : le BIID.
Dès l’âge de 3 ans, alors que la plupart des enfants craignent le noir, Jewel Shuping, elle, le recherche. Elle se souvient avoir passé des heures à fixer le soleil après que sa mère lui a dit que cela abîmerait ses yeux. Pour elle, être aveugle n‘était pas un handicap, mais une nécessité pour que son corps corresponde enfin à l’image qu’elle avait d’elle-même.
Un rêve d’enfant hors du commun
Souffrant du Trouble de l’Identité de l’Intégrité Corporelle (BIID), Jewel a vécu une lutte intérieure pendant des décennies. À l’âge de 21 ans, elle franchit le point de non-retour. Selon son récit, elle aurait convaincu un psychologue (un point qui reste controversé et condamné par le corps médical) de l’aider dans sa démarche en lui versant un produit décapant pour canalisations dans les yeux.
Le processus fut long et douloureux. Cataractes, glaucome, opérations de la dernière chance… Mais le résultat final est celui qu’elle espérait : la cécité totale.
Qu’est-ce que le BIID ?
Le Body Integrity Identity Disorder est une pathologie psychiatrique rare. Les personnes qui en souffrent ressentent un décalage profond entre leur corps physique et leur schéma corporel mental. Pour elles, un membre ou un sens (comme la vue ou l’ouïe) est « en trop ». L’amputation ou le handicap devient alors, à leurs yeux, l’unique solution pour atteindre une paix intérieure.
Aujourd’hui, Jewel Shuping affirme ne rien regretter. Elle déclare se sentir enfin « elle-même ».
