(Öri Infos) – À Lomé, les soirées dans des appartements loués sont vraiment à la mode chez les jeunes. Anniversaires, fêtes post-examen ou simple envie de kiffer ; louer un appart pour une nuit ou un week-end, c’est l’incontournable. 2 000 francs par tête, musique à fond, lumières tamisées, briquettes de vin qui s’entrechoquent : l’ambiance est à la détente et au plaisir.
Mais derrière le fun, les choses peuvent devenir malsaines et vite déraper gravement : alcool chez les mineurs, comportements à risque et abus.
Öri Infos plonge dans les coulisses de ce phénomène qui choque plus d’un.
Une mode qui cartonne

Pour les jeunes, les étudiants, lycéens ou apprentis, louer un appart, c’est la liberté totale. Pour 10 000 à 30 000 FCFA la nuit, on trouve des apparts stylés un peu partout (Avepozo, Agoè, Adidogomé). Pas de parents, pas de voisins indiscrets : juste toi, tes potes, parfois les potes des potes et les abonnées des différentes story et statuts.
Un tour au supermarché pour des briquettes de vin, du whisky douteux et de quoi grignoter, une enceinte pour balancer une compil YouTube des derniers sons du moment et l’appart devient une boîte de nuit éphémère. Les proprios laissent faire tant que le cash tombe, toute façon, ils sont absents.
Mais une soirée cool peut vite virer au cauchemar !
Quand la fête dérape…

Quand tout le monde ramène du monde, ça devient ingérable. Les participants, des jeunes, étudiants, en formation professionnelle, ou des lycéens, souvent d’à peine 16 ou 17 ans, voire moins, débarquent avec du whisky pas cher (très chers foies, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font), chichas, boissons énergisantes, vin en carton et d’autres substances illicites dont je tairai le nom, et finalement très peu de nourriture.
De toute manière, si manger était leur but, ils se contenteraient de leurs fourneaux dans leurs maisons respectives. Les gorgées d’alcool s’enchaînent, et des jeunes, trop jeunes pour boire, finissent bourrés. Sans adultes pour cadrer, ces soirées tournent à l’alcoolisme précoce.

Et ça va plus loin : l’alcool donne des ailes et des couples improvisés, des comportements déviant les IST, des grossesses non planifiées et quelques procès pour viol guettent.
Des disputes ridicules éclatent, et les murs ou meubles sont abîmés, d’autres finissent au CHU (un lieu à éviter toute sa vie) laissant une facture salée à régler.
Les responsabilités en jeu
Organiser une fête, ce n’est pas juste inviter des potes. Au Togo, donner de l’alcool à des mineurs de moins de 18 ans, c’est illégal.
Les jeunes, étudiants et lycéens qui organisent ces soirées doivent gérer les conséquences : plaintes des proprios, dégâts à payer, voire problèmes avec la loi.
Mettre des règles claires et vérifier l’âge des invités, c’est la base pour éviter les problèmes.
Les apparts loués pour les fêtes, c’est fun, mais il faut savoir cadrer. Les jeunes peuvent éviter les galères en limitant les invités aux gens qu’ils connaissent, en bannissant l’alcool pour les mineurs (Déjà, que font-ils de nuits dehors, sans leurs parents ?) et en proposant des boissons sans alcool. Des règles claires partagées sur WhatsApp avant la soirée, ça change tout.
Parents et communautés peuvent aider en parlant des dangers de l’alcool et en poussant des activités comme des matchs ou des concerts (un autre lot ça).
À Lomé, où tout est encore à construire niveau scènes jeunes, c’est le moment de montrer l’exemple.
Alors, quelle règle vous mettez pour une soirée qui déchire sans déraper ?
