(Öri Infos) – « Ensemble, faisons de la nutrition et du développement de la petite enfance une priorité incontournable. », C’est sur cette note d’exhortation que Martine Moni Sankaredja, Ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance du Togo a officiellement mis fin aux travaux de la conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre organisée à Lomé.
Une rencontre de grande ampleur qui a réuni près de 22 pays autour d’un même constat : la malnutrition infantile reste l’un des principaux freins au développement humain sur le continent. Pendant trois jours, les chiffres ont occupé toutes les discussions. Mais derrière les statistiques, les rapports techniques et les déclarations officielles, une réalité s’est imposée à Lomé : l’avenir de millions d’enfants africains se joue dès les premières années de vie. Elle s’est conclue par l’adoption d’un appel à l’action commun intitulé la Déclaration de Lomé.

Dans les couloirs de l’Hôtel 2 Février, ministres, experts, partenaires techniques et représentants institutionnels ont multiplié les échanges pendant 72 heures. Santé, agriculture, éducation, protection sociale, eau et assainissement : rarement autant de secteurs auront été appelés à travailler ensemble autour d’un objectif commun.
« …nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec la Banque mondiale et tous les autres pays pour partager notre expérience et aussi faire pression pour la nutrition de chaque enfant, en particulier les 2 000 premiers jours.. » a partagé Prof Suwaiba Sa’idu Ahmad, ministre d’état de l’éducation de la republique du Nigeria

Trois jours, des engagements et une même urgence
Le moment le plus attendu est intervenu lors du conclave ministériel. Pendant plusieurs heures de discussions à huis clos, plusieurs responsables gouvernementaux africains ont tenté de transformer les constats en engagements concrets. À l’issue des échanges, une déclaration finale articulée autour de six grandes priorités a été présentée devant l’assemblée. Lire la déclaration finale ci-dessous :
Un tableau uniforme des défis de la région a été dressé. Un quart des enfants souffrent de retard de croissance ; 65 millions de femmes sont atteintes d’anémie. En République centrafricaine, le taux de malnutrition chronique atteint 40 % et la mortalité maternelle s’établit à 800 décès pour 100 000 naissances vivantes. Au Tchad, les flux de réfugiés fuyant les conflits des pays voisins pèsent sur un système de santé déjà contraint.
Le représentant du Groupe de la Banque mondiale au Togo, Tony Verheijen, a précisé que le nombre absolu d’enfants souffrant de malnutrition continuait d’augmenter dans la région, sous l’effet conjugué de la hausse des prix alimentaires, de la contraction du pouvoir d’achat, des crises sécuritaires et des coupes dans l’aide au développement.
Derrière ces engagements se cache un autre chiffre devenu central dans les débats. Les experts présents à Lomé ont rappelé que les 2 000 premiers jours de vie constituent une période décisive pour le développement physique, cognitif et émotionnel d’un enfant. Une fenêtre critique pendant laquelle les carences nutritionnelles peuvent avoir des conséquences irréversibles.
Pour Marthe Augustine Kirimat, ministre de la promotion du genre de la protection de la femme de la famille et de l’enfant en Republique Centrafricaine, » cette conférence est une opportunité pour la République Centrafricaine de changer les données. «
Pour plusieurs délégations, investir dans cette période revient désormais à investir directement dans le futur économique des États africains.
» Le Sénégal, sous le leadership de Son Excellence le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier Ministre Ousmane Sonko, nous nous engageons à faire tout ce qu’on a dit ici. » a déclaré Mabouba Diagne, Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage du Sénégal.
En accueillant cette conférence stratégique, le Togo s’est imposé comme un espace de dialogue régional sur les questions liées au capital humain. La Conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance, tenue à Lomé du 11 au 13 mai 2026, organisée par le Groupe de la Banque mondiale, et accueillie par le Gouvernement du Togo, a été coorganisée et soutenue par des partenaires clés, notamment le Mécanisme de financement mondial (GFF), l’UNICEF, le Partenariat pour le renforcement de la nutrition (SUN), l’OMS, le PAM, l’AFECN, l’ECDAN, l’UNESCO s’est achevée sur une note largement positive.








