(Öri Infos) – Le galamsey, c’est l’exploitation illégale de l’or au Ghana ou en Côte d’Ivoire, un mirage qui attire les jeunes du Nord-Togo. Richesse pour certains, dégâts irréversibles sur la santé pour tous.
Dans cette région, la moins développée du Togo en plus avec des challenges sécuritaires, beaucoup quittent leurs villages. Ils traversent la frontière ghanéenne pour rejoindre des mines d’or hors la loi, rêvant d’argent rapide. Dans les localités frontalières, l’espoir d’acheter une moto, de construire une maison ou de financer un mariage pousse des milliers de jeunes à traverser les frontières. Mais cette quête, souvent éphémère, cache un coût bien plus lourd que les promesses.
Des villages vidés, des familles fragilisées
Les départs laissent les villages en souffrance. Les champs restent en friche, l’agriculture ralentit, et il ne reste généralement que les femmes, les enfants et les anciens. Une mère raconte : « Mon fils est parti il y a deux ans, il ne veut plus cultiver. Il parle d’or. »
Ailleurs, une femme élève seule ses enfants depuis le départ de son mari, sans nouvelles depuis des années. « Il m’a laissé une maison, mais à quoi bon sans lui ? » se demande-t-elle. Les foyers monoparentaux se multiplient, bouleversant les rôles traditionnels : des hommes deviennent « père et mère », des femmes prennent en charge l’autorité familiale. Ces absences, parfois définitives, fracturent les liens et augmentent la dépendance aux envois d’argent.
Un rêve au prix fort
Sur les sites de galamsey, le travail est harassant : creuser sous un soleil brûlant, manipuler des produits chimiques, transporter des charges lourdes. Quelques jeunes parviennent à envoyer de l’argent pour des projets concrets, maisons , fonds de commerces pour la famille , entretenant le mythe de l’or.
Mais pour la majorité, les gains sont minces, vite dépensés. Un enseignant observe : « Beaucoup reviennent sans rien, après des mois d’efforts. » Les produits toxiques comme le mercure polluent l’eau et les sols, causant maux de tête, maladies de peau ou infertilité. Les accidents effondrements de puits, blessures sont fréquents. Les rivières contaminées abîment les terres agricoles, réduisant les récoltes et aggravant la précarité.
Un phénomène difficile à endiguer
Le galamsey est un défi transfrontalier. Les jeunes circulent librement, souvent sans documents, et les réseaux clandestins prospère parfoisis protégés par la corruption. Le Ghana tente de limiter ces activités avec des opérations de répression, arrêtant des dizaines de Togolais récemment. Mais le phénomène persiste, alimenté par la pauvreté et les tensions régionales. Le Togo, de son côté, observe ses villages se vider et ses terres s’appauvrir, sans solution évidente pour retenir sa jeunesse.
Un avenir en suspens
Le galamsey promet beaucoup, mais laisse des traces : familles séparées, santé fragilisée, environnement dégradé. Les maisons bâties grâce à l’or ne comblent pas le vide des absents. Pour le Nord-Togo, la question est pressante : comment offrir des perspectives localement pour éviter que les jeunes ne s’envolent vers les mines ? Sans réponse, cette ruée vers l’or continuera de transformer les villages, au risque d’un futur incertain.
