Au Togo, le marché est un théâtre vivant où se mêlent ingéniosité, débrouillardise et parfois… un certain mépris des règles. Dans nos rues et nos échoppes, des produits ou pratiques officiellement interdits s’échangent comme si de rien n’était.
Voici cinq exemples flagrants d’éléments illégaux qui, malgré les interdictions, restent ancrés dans notre quotidien.
- Le sachet plastique noir : l’indispensable interdit
Officiellement bannis pour des raisons environnementales, les sachets plastiques noirs non biodégradables continuent de trôner dans nos marchés. Utilisés pour emballer les arachides, les botokoin ou même les petites courses du jour, ils sont partout. Les alternatives biodégradables peinent à s’imposer face à la praticité des sachets plastiques noirs et leur faible coût. Résultat : on les achète, on les vend, on les jette, comme si l’interdiction n’avait jamais existé.
- Les croupions de dinde : un mystère savoureux
Introuvables dans les circuits officiels de gros et chez les semi-grossistes, les croupions de dinde inondent pourtant les marchés au détail. D’où viennent-ils ? Comment arrivent-ils en si grandes quantités dans les assiettes togolaises ? Ces morceaux de luxe, prisés pour leur goût, semblent surgir de nulle part, échappant aux contrôles sanitaires et aux circuits légaux. Une énigme que personne ne cherche vraiment à résoudre. L’essentiel est de profiter d’Adokougbi, ce plaisir coupable collectif.
- L’essence de contrebande : le carburant des zémidjans
Malgré les campagnes des autorités pour enrayer le commerce de l’essence frelatée, le « boudè » reste le choix privilégié des moto-taxis. Moins chère que celle des stations-service, plus digne de confiance aux yeux de certains que les litres des pompes, cette essence venue des frontières circule dans des bouteilles ou des bidons, souvent au mépris de la sécurité. Les saisies et les discours officiels n’y changent rien : pour beaucoup, c’est une question de confiance.
- La chicha : le plaisir toxique qui persiste
Récemment interdite dans le cadre de la lutte contre les stupéfiants, pour ses effets néfastes sur la santé et la préservation de la jeunesse, la chicha a disparu des bars et des lieux publics, mais elle n’a pas dit son dernier mot. Si les établissements ont dû ranger leurs chichas, l’usage privé, lui, reste bien vivant. Entre amis, dans les cours ou les salons, elle demeure un symbole de « chill et vibe », même si elle empoisonne discrètement les poumons de ses adeptes. L’interdiction a changé les lieux, pas les habitudes.
- Les pétards de fin d’année : le bruit de la fête
Chaque décembre, malgré les restrictions et la hausse des prix, les pétards refont surface pour accompagner les célébrations de Noël et du Nouvel An. Moins variés et moins fréquents qu’avant, certes, mais toujours présents pour semer le vacarme nocturne euphorique qui fait vibrer les quartiers. Les autorités froncent les sourcils, mais la tradition, elle, tient bon.
Ces pratiques, bien qu’illégales, sont devenues des piliers du quotidien togolais. Entre nécessité, culture et laisser-aller, elles révèlent une réalité complexe : au Togo, la loi s’écrit souvent en théorie, mais c’est la vie qui décide dans la pratique. Et vous, que pensez-vous de ces « trafics » dans nos marchés ?
