(Öri Infos) – En quelques années seulement, ChatGPT est passé du statut de curiosité technologique à celui d’assistant au quotidien. Rédiger un mail, résumer un document, trouver une idée de recette, préparer une présentation ou simplement poser une question, les occasions de l’utiliser sont nombreuses. Les chiffres donnent d’ailleurs une idée de l’ampleur du phénomène.
En 2026, ChatGPT compterait environ 900 millions d’utilisateurs actifs chaque semaine et traiterait plusieurs milliards de requêtes quotidiennement. Les usages dépassent largement le cadre professionnel. Selon les données d’Incremys, une grande partie des interactions concerne désormais des besoins personnels. Notamment la recherche d’informations, la rédaction ou les conseils pratiques.


Une adoption de plus en plus importante qui s’explique facilement. En effet, l’outil permet d’obtenir en quelques secondes un résultat qui aurait parfois demandé plusieurs minutes, voire plusieurs heures de recherche ou de travail. Ce gain de temps a cependant une contrepartie potentielle que des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont voulu explorer. Que se passe-t-il lorsque l’on confie une partie de notre réflexion à une intelligence artificielle ? Pendant quatre mois, 54 participants ont été invités à rédiger plusieurs essais dans différentes conditions. Un premier groupe pouvait utiliser un outil d’intelligence artificielle générative, un deuxième disposait d’un moteur de recherche et le troisième devait travailler uniquement avec ses propres connaissances.
Avec ChatGPT, le cerveau serait moins sollicité pendant certaines tâches
Leur activité cérébrale a été étudiée grâce à l’électroencéphalographie (EEG). L’objectif n’était donc pas simplement de comparer la qualité des textes obtenus, mais d’observer la manière dont le cerveau se mobilisait pendant leur rédaction. Et les premières conclusions soulèvent déjà des réflexions. À mesure que l’outil prend en charge une partie du travail intellectuel, l’utilisateur semble lui-même moins engagé dans la tâche. Les différences observées entre les trois groupes sont particulièrement intéressantes. Les participants qui rédigeaient leurs textes sans aucune aide numérique présentaient l’engagement cérébral le plus important. Ceux qui utilisaient un moteur de recherche se situaient entre les deux, tandis que les utilisateurs de l’intelligence artificielle affichaient les niveaux d’activité cérébrale les plus faibles.
Autrement dit, plus l’outil prenait en charge la recherche d’idées, la formulation ou la structuration du texte, moins certaines connexions cérébrales semblaient sollicitées pendant l’exercice. Cela ne signifie évidemment pas que ChatGPT « abîme » automatiquement le cerveau ni que toute utilisation entraîne un déclin cognitif. L’étude porte sur un nombre limité de participants et ses résultats doivent encore être confirmés par des recherches plus larges.

